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[10 octobre 1597] N’est pas Robin des Bois qui veut

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Message par Adalheidis Nal'Harraq le Mer 8 Avr - 0:14




Emisekhet Nal’Harraq • 18 ans • Noble de Djerdan


Octobre était l’un des pires mois de l’année. Pas pour le temps : Djerdan avait le très bon avantage d’être toujours ensoleillé, d’avoir très peu de pluie, et d’avoir des températures encore assez chaudes, sans être désagréables. On pouvait encore grandement manger dehors le soir, préparer des banquets contre les bassins d’eau, et dormir les fenêtres grandes ouvertes. L’inconvénient était qu’octobre était le mois où il n’y avait guère de fête. Les mois précédents la véritable fin de l’année sont longs, vides, sans le moindre bal. Et tous les ans, c’était la même chose. Un ennui mortel. D’ordinaire, Emisekhet se résignait à son sort, s’occupant seule dans de longues balades à cheval, ou bien en acceptant de poursuivre ses leçons auprès de précepteurs bien patients. Cette année heureusement était différente : Adalheidis avait quitté la demeure familiale pour la fameuse capitale de Monbrina, la Cité de mille éclats. On racontait que la vie était si différente, là-bas. Si riche, et en même temps aussi pieuse que festive. La terre de toutes les conquêtes. Bien sûr, son aînée ne s’y rendait pas pour profiter de la vie là-bas, elle y allait pour les affaires. Toujours les affaires. Tout était toujours calculé avec elle, il n’y avait aucune place pour le plaisir de la découverte. Le frisson de l’inconnu.

C’était du gâchis. Adalheidis allait sans plaisir là où toute jeune fille rêvait de faire ses débuts en public, et elle, Emisekhet, était bloquée dans une demeure qui semblait mourir ? Et puis ce n’était pas comme si son frère pouvait bien la divertir, il était toujours parti, lui aussi. À guerroyer, cette fois. À s’entrainer, à monter en grade, comme le vaillant soldat qu’il était.

Une idée lui germa dans l’esprit, une nuit. Et si, elle aussi, se rendait à Braktenn ? C’était loin, certes, mais il y avait sa sœur. Et elle, elle serait sûre de profiter d’une telle ville ! C’était possible, après tout : il lui suffirait d’organiser le voyage. À part de petites réceptions, Emisekhet n’avait rien organisé de sa vie… Mais c’était comme ça qu’on apprenait, non ? Sur le tas. Comme elle aime souvent le dire : « se préparer, c’est douter de son talent » !

Le lendemain, elle mit son plan en action. Donner des ordres à l’intendant de la famille, à quelques serviteurs et dames de compagnie, emballer des robes et des bijoux, faire ses repas…

« Et je ne tiens pas à m’ennuyer pendant le voyage. Ajoutez donc dans mes affaires le dernier roman de Dame Fleurie. »

« Jeune maîtresse, ce n’est pas exactement une lecture conseillée pour… une demoiselle bien élevée. » répliqua un peu faiblement l’intendant, qui connaissait malheureusement les caprices de la benjamine de la fratrie.

« Pour ce qui est d’une demoiselle bien élevée, c’est raté : je m’apprête à faire le mur à l’autre bout du continent, pour au moins plusieurs semaines, voire des mois. Je veux ce roman. »

« B-Bien… »

Que ce soit l’une ou l’autre des sœurs Nal’Harraq, c’était toujours aussi difficile de leur faire changer d’avis sur quelque chose. À croire que c’était dans leurs gênes. Artames aussi était du genre buté, mais lui, c’était différent. C’était ce qu’on attendait d’un jeune homme, après tout ! La jeune fille partit le lendemain même, accompagnée d’un garde et d’un cocher. C’était mieux de voyager en comité réduit, afin de moins attirer l’attention. Les routes n’étaient jamais très sûres…

Enfin, cela, Emisekhet s’en moquait. Elle était ravie d’enfin pouvoir sortir de ses frontières, d’explorer les routes comme le faisaient tous les voyageurs. Adalheidis en aura la surprise, hehe ! Oh, elle n’aura pas prévu ça, c’était certain !

Les journées passaient, longues et répétitives. Malgré le divertissement que lui offrait Dame Fleurie dans son livre, Emisekhet s’ennuyait. La route était si monotone finalement. Toujours les mêmes secousses, les mêmes arbres. Et par Rê qu’il faisait froid… Plus on avançait, plus elle avait besoin d’une couverture sur les épaules !

Et puis soudain, il faisait nuit, le carrosse s’arrêta brusquement, réveillant la jeune fille en sursaut. Des voix surgirent, comme des ordres, se rapprochant. Le garde répliqua, mais elle ne comprit pas ce qui se disait.

« Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi sommes-nous arrêtés ? »

« Mademoiselle, ne sortez pas ! Sous aucun prétexte ! » ordonna le cocher.

Étaient-ils attaqués ? Des brigands ? Qui d’autre pouvait se trouver sur la route, à les bloquer ainsi ? Pétrifiée, la jeune fille n’osa plus s’approcher de la portière.

Des fracas d’acier, des bruits de chute, des cris brefs…

« E-Est-ce que c’est fini… ? Qui est là ? »

Spoiler:
@Sylvère d'Aiguemorte C'est à toi~ :D
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Message par Sylvère d'Aiguemorte le Mer 8 Avr - 16:17

Sylvère était furieux.

Il suivait ce carrosse depuis un moment. Il attendait juste l'endroit idéal pour l'arrêter et attaquer ses passagers. Pour le moment, ce serait une entreprise bien trop risquée pour qu'il ne prenne le risque. Il aimait le danger, oui, mais il n'était pas pour autant suicidaire. Au moins, il n'y avait toujours que le cocher et un soldat à mettre hors d'état de nuire. Rien d'insurmontable en soi, et largement de quoi se mettre dans la poche.

Mais là. Ils osaient, ces brigands de pacotille, à moitié édentés et tout boiteux, lui voler sa proie. Une heure de chasse à le suivre dans le sous-bois pour... ça ! Et tout cela, dans sa forêt. Sylvère bouillonnait de rage en les regardant s'entretuer. Les brigands étaient plus nombreux, cinq au total, mais beaucoup moins entraînés que le soldat.

Le premier à tomber fut le cocher, qui s'était pourtant jusque là débattu comme un fauve, au point d'en impressionner Sylvère. Il haussa les épaules lorsque le corps chavira. Dommage. S'il avait eu le temps de le prendre d'assaut, il n'aurait tué personne, lui. A la suite, le soldat tenait tête aux autres. Et un par un, il les mettait hors jeu. Jusqu'au dernier. Qui trouva la faille dans sa défense et le perfora.

Partie finie.

Le brigand rescapé avait un sourire victorieux sur le visage. Sûrement pensait-il à tout ce qu'il allait pouvoir récupérer, et qu'il n'aurait même pas besoin de partager avec des complices. Peut-être pensait-il aux personnes que ce carrosse transportait. Qu'importe ! Dans tous les cas, Sylvère se trouvait sur ses terres. Finalement, peut-être devrait-il les remercier de lui avoir facilité la tâche. Il sortit des fourrées en dégainant sa lame. Le brigand lui tournait le dos, et quand il lui donna un grand coup de la tête avec la garde de son arme, il tomba en avant sans faire de bruit.

Lamentable.

- Merci d'avoir fait le travail à ma place, c'est fort serviable de votre part, grommela-t-il avant de se tourner vers son trophée.

Ce fut à cet instant qu'il entendit une voix. Une voix féminine, inquiète, qui provenait de l'intérieur du carrosse. Sa passagère. Une idée germa dans l'esprit de Sylvère. Une idée diablement plaisante. Il rangea son arme. Parfois, il n'y avait pas besoin de menacer, mais simplement de se montrer sous son meilleur jour. Il se dirigea à grands pas vers le carrosse et ouvrit la porte, en se composant un visage jovial et inquisiteur :

- Mademoiselle, tout va bien ? Ces lâches ne vous ont rien fait, j'espère ? Je suis arrivé juste à temps pour vous sauver, je crois, ils auraient pu vous découper en rondelles !

Il tendit la main pour l'aider à descendre, avec toute la galanterie dont il était capable. Il avait mis le grappin sur une belle perle, oh ça oui ! Il n'allait pas la laisser partir si facilement.

- Je suis désolé pour votre escorte, je n'ai pas pu les sauver, mais le principal c'est que vous soyiez vivante.

Il s'inclina, en tenant toujours sa main, et se présenta :

- Sylvère d'Aiguemorte, mademoiselle, roi de la forêt... et votre humble sauveur pour aujourd'hui seulement.
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Message par Adalheidis Nal'Harraq le Mer 8 Avr - 17:32




Emisekhet Nal’Harraq • 18 ans • Noble de Djerdan


Ce silence soudain l’effrayait. Pourquoi son cocher ne lui avait-il pas répondu ? Et le garde ? C’était un homme de Djerdan, formé dans la meilleure armée du monde, avec les meilleures armes qu’il pouvait avoir. Les épées sorties des forges des Nal’Harraq, rien de moins ! Mais ni l’un, ni l’autre ne lui adressa un mot. Et la portière s’ouvrit lentement. C’était un visage inconnu qui apparut, ce qui la pétrifia dans un premier temps. Mais ce n’était pas le visage auquel elle s’était attendue : un brigand était à ses yeux toujours laid, le nez déformé, gros, des boutons sur la peau, et de la barbe qui poussait partout. Là, ce jeune homme était… plutôt beau. Et doux. Il lui parlait lentement, avec beaucoup de calme. Le cœur battant encore à vive allure, elle hésita d’abord à s’approcher, mais finalement, elle finit par accepter timidement cette main qu’il lui offrait.

« J-Je vais bien… »

Craintive, elle descendit alors du carrosse, lâchant un cri de stupeur en remarquant les corps sur le sol. Son cocher, son garde du corps… et les brigands. Si laids. Et tout ce sang… Elle n’avait jamais vu autant de sang de sa vie. Sa main retint alors fermement celle de son sauveur, et tandis qu’il parlait, tentait de la rassurer, elle reporta son visage vers lui et… manqua de trébucher. Le choc, très certainement, et elle ne put se rattraper que contre cet homme, ce mystérieux roi de la forêt. Il avait quelque chose… d’héroïque, et de chevaleresque, qu’on ne retrouvait que dans les romans. Ce genre d’homme existait donc ? Son cœur rata alors un battement, et ce n’était plus à cause de l’attaque.

« Pardonnez-moi, je suis… bien maladroite… » se reprit-elle en se redressant, veillant à remettre correctement le col de sa robe. « Je suis Emisekhet Nal’Harraq, de Djerdan. Je vous si reconnaissante de m’avoir sauvée. C’est si… courageux ! Je me rendais à Braktenn voir ma sœur, quand… » Elle se tut, ses yeux retombèrent sur ces corps. Et elle se sentit d’un coup bien plus fébrile encore. « Qu’Apep dévore leurs cœurs fétides, nous n’avons pas mérité cela ! Que fais-je faire à présent ? Sommes-nous loin de la capitale ? »

Une princesse comme elle, si belle – oh oui elle en était persuadée – et si riche, n’était pas faite pour rester dans la forêt, seule. Il y avait un tas de choses effrayantes qui s’y cachaient : des loups, des ours, d’autres brigands…
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Message par Sylvère d'Aiguemorte le Mer 8 Avr - 20:17

La jeune femme finit par prendre sa main, un brin timidement, visiblement impressionnée. Il lui adressa un sourire rassurant pour la détendre, et cela sembla fonctionner à merveille.

- Si vous n'avez rien, alors je suis soulagé. J'ai craint un instant que l'un d'eux ne vous ait fait du mal. Mais heureusement, il semble que je sois arrivé à temps.

Finalement, elle descendit prudemment. La vue des cadavres et du sang sembla la retourner et il sentit sa main serrer la sienne plus fort. Hum, oui, il avait pêcher une belle prise. Et le pire, c'était qu'elle avait déjà mordu à l'hameçon. Sinon, elle n'aurait certainement pas accepté la main qu'il lui avait tendue.

- Rassurez-vous, vous ne risquez plus rien, désormais. Je suis là pour vous défendre.

A peine avait-il cela qu'elle faisait un faux pas, perdait l'équilibre et que, ni une ni deux, elle tombait contre lui. Il la retint.

- Eh bien, mademoiselle ? Vous ne vous sentez pas bien ?

Parce que non, il n'allait pas laisser sa proie lui claquer entre les doigts si vite, elle qui était si émoustillée alors qu'il n'avait encore rien fait. Ce genre-là était beaucoup précieux ! Elle s'était trop facilement prise dans ses filets pour qu'il ne prenne le risque de la perdre. Mais elle n'avait visiblement rien, sinon le choc de voir tous ces morts, juste là aux pieds de son carrosse.

- Il n'y a pas de mal à être maladroite, voyons. Surtout après ce que vous venez de vivre. Vous devez vous remettre, il est bien normal...

Sylvère jubilait intérieurement. C'était même encore mieux que ce qu'il avait cru. Emisekhet Nal'Harraq, de Djerdan. Rien que ça ! Il s'inclina le plus bas qu'il le pouvait, une main sur le coeur et tout le respect dans il était capable :

- Je suis honoré, mademoiselle, de vous connaître. Moi, simple rebelle de ma condition, rencontrer une jeune femme resplendissante comme vous ! C'est un véritable privilège.

Il sourit, et eut un nouveau sourire rassurant en lui relâchant doucement la main :

- Je vous en prie, personne ne vous touchera. Je m'en assurerais personnellement. Je suis le roi de la forêt, vous vous souvenez ? Je peux au moins vous consoler sur un point au moins : la capitale est toute proche, juste à la sortie de ce bois. Je vais vous y mener.

Il prit un air désolé et ajouta :

- Je vous accompagnerais bien jusque chez vous, mais je crains de ne pas être très aimé, en ville... Voyez-vous, les gens ne sont pas très compréhensifs avec les personnes dans mon genre, et ils ont un peu trop tendance à les enfermer...
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Message par Adalheidis Nal'Harraq le Mar 14 Avr - 19:13




Emisekhet Nal’Harraq • 18 ans • Noble de Djerdan


Dès qu’elle trébucha, son sauveur avait été là pour la retenir. Il n’était pas brusque, mais il la retint fermement pour l’empêcher de tomber, et lui permit de se redresser avec douceur. Relevant lentement ses yeux vers lui, elle le vit si proche, si tendre avec elle, tandis qu’il s’enquérait de son bien-être. C’est là que la jeune fille remarqua : il avait des yeux bleus. C’était très rare à Djerdan, où la grande majorité de la population avait des yeux très noirs. Mais Sylvère, lui, possédait deux iris pareilles à un ciel nuageux, deux perles en sodalite claire… Emisekhet rougit de plus belle.

Et elle le vit faire une si grande révérence quand il entendit son nom. Connaissait-il donc les Nal’Harraq de Djerdan ? Certes, leur famille faisait partie des cinq noms les plus connus sur ses terres, mais elle ignorait qu’un homme de la forêt comme lui en ait entendu parler. Elle pensait que ceux qui vivaient dans les bois ne connaissaient rien à la haute société.

« Je vous en prie. » lui souffla-t-elle en lui intimant de se redresser. « L’honneur est pour moi, vous êtes mon sauveur ! »

Il était donc un rebelle… cela expliquait ce qu’il faisait dans les bois. Dès qu’elle l’avait vu, elle avait su qu’il n’était pas un vulgaire brigand, et cela se confirmait ! Beaucoup de monde à Djerdan désapprouvait la politique de Monbrina, peut-être que Sylvère en faisait partie également. Cependant, elle, était loin de tout connaître en politique, au contraire ! Elle s’en désintéressait totalement. C’était plutôt la tasse de thé de sa sœur. Ou celle de son frère, qui se bat pour l’honneur de son pays.

« Je ne permettrais pas qu’on vous enferme ! Je vous en prie, je n’oserais pas faire une partie du voyage, si brève soit-elle, toute seule… D’autant que ma sœur tiendra à vous remercier, vous qui m’avez sauvée. Ce n’est pas dans l’habitude des Nal’Harraq de laisser des bonnes actions non récompensées. » ajouta la jeune fille avec un petit sourire, cherchant à le faire céder.

De toute façon, sans garde et sans cocher, comment pourrait-elle emmener le carrosse à bon port ? Elle ne savait certainement pas comment diriger des chevaux comme ceux-ci. Faire des balades sur le dos d’un d’entre eux, oui, mais ça, non.
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Message par Sylvère d'Aiguemorte le Mar 14 Avr - 20:40

Il rêvait ou... les joues de la jeune femme venait de se colorer de rose ? Sylvère retint un sourire. Deux mots, un geste de galanterie et elle était déjà folle de lui. Il ne se connaissait pas ce talent de séducteur mais si c'était si efficace que cela, il allait recommencer d'autres fois, foi du Roi de la forêt !

Il se redressa doucement quand elle le lui en intima et répondit :

- Mademoiselle, je n'aurais certainement pas pu vous laisser aux mains de ces pleutres... Il est bien inutile de me remercier, enfin.

Il lui adressa un nouveau sourire. Oh oui, tout ce que cela impliquait le réjouissait. Il avait tellement bien fait de laisser ces petits idiots attaquer à sa place... A présent, il avait le champ libre pour faire tout ce qu'il voulait. Il ne lui fallut qu'une seconde pour comprendre qu'en continuant dans cette voie-là, il pouvait obtenir beaucoup d'elle. Beaucoup plus que tout ce qu'il pouvait même espérer dans ses rêves les plus fous.

Et s'il avait pu la séduire en moins de quelques minutes, qu'est-ce que cela serait s'il entretenait cela ! Il en jubilait d'avance. Parce que oui, elle venait bien de le dire : elle venait de lui promettre de le protéger s'il allait en ville. Et non, il n'était pas assez idiot pour nier que cela serait très utile. Il le savait pertinemment, il ne pourrait pas faire deux pas sur les pavés avant d'être reconnu mais si elle était là pour le défendre... Tout changeait.

Et puis... elle venait de prononcer un mot. Un mot que Sylvère chérissait par dessus tout : récompense. Et ce n'était certainement pas tombé dans l'oreille d'un sourd.

- Oh, Madame, je vous en prie, ceci est bien inutile. Je ne voudrais pas abuser de votre gentillesse, je vous assure. Je n'ai certainement pas fait cela pour une quelconque récompense...

Pourtant, oh oui, il la voulait, cette récompense. Il lui sourit encore, et déclara :

- Qu'est-ce que vous diriez que nous reprenions cette route ? Nous aurons tout le temps de discuter sur le chemin pour que vous me racontiez un peu votre voyage jusqu'ici...

Il s'approcha des chevaux, flatta leur encolure et dégagea le cadavre qui se trouvait dans le passage. Puis, il s'installa à la place du cocher, et tendit la main à la jeune femme pour l'aider à monter à côté de lui, toujours sans quitter son petit sourire. Quand elle fut installée, il attrapa les rênes. Il n'avait jamais vraiment conduit de carrosses mais il connaissait bien les chevaux alors il ne doutait pas qu'il y arriverait.

Et puis, s'il y avait une récompense au bout...

Ses yeux se posèrent sur l'un de bracelets de la jeuen femme et... une idée germa dans son esprit. Une idée diablement amusante et plaisante. En signifiant aux chevaux de se mettre au pas, il déclara :

- Votre bracelet est très joli, mademoiselle... Il vous va très bien, vous savez !
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Message par Adalheidis Nal'Harraq le Mer 15 Avr - 0:08




Emisekhet Nal’Harraq • 18 ans • Noble de Djerdan


Elle fut tellement rassurée de voir son sauveur accepter de l’accompagner qu’elle ne pouvait plus s’empêcher de sourire. Sylvère s’installait alors à la place du cocher, avec beaucoup d’expertise, et aida Emisekhet à monter. Avec tout ce qui s’était passé, elle se voyait mal rester à l’intérieur du carrosse, confinée, alors que n’importe quoi pouvait arriver autour d’elle. Cette fois-ci, elle avait besoin d’air, et voyager à côté de son sauveur lui plaisait énormément. Le cœur battant, elle s’installa à ses côtés, remettant correctement sa robe sur ses pieds, et son châle sur les épaules. Après tout, Monbrina était un pays bien plus froid que Djerdan, et pour une jeune femme éprise de chaleur comme elle, la différence de température n’était pas agréable.

Oh, si Sylvère ne tenait pas les rênes, elle aurait volontiers passé son bras autour du sien. Mais elle était une dame du monde, alors elle saurait se tenir ! Pour l’instant.

Ce fut lui qui coupa le silence en premier, en venant complimenter l’un de ses bijoux. Son bracelet. Elle en avait tellement qu’elle aurait pu demander duquel il parlait, mais son regard s’était posé sur ce qu’elle portait au poignet droit. Un peu surprise, elle releva légèrement la main, mais eut rapidement une expression flattée.

« Oh, je vous remercie… Ça me touche. Il a été conçu par les maîtres-artisans de ma famille. Il compte deux cent quatre-vingt-deux diamants provenant de nos mines, tout comme l’or. Notre famille est aujourd’hui surtout connue pour notre armement, mais notre savoir-faire en bijoux est bien plus vieux encore ! »

Et elle n’en était pas peu fière. Les épées et les lances la désintéressaient totalement, mais les bijoux, ça… c’était autre chose. Une petite entreprise au sein des Nal’Harraq, mais pas des moindres malgré tout.

« Tenez, regardez… » Emisekhet se pencha alors un peu plus vers lui, pour lui montrer le détail de cette œuvre d’art. « Ici, cette silhouette représente Nout, l’incarnation du ciel. La pluie ici, ce sont ses larmes, qui viennent nourrir Geb, la terre. C’est l’un de nos plus vieux mythes, et cela, seul un œil attentif et connaisseur peut le voir ! »

Ou bien il suffit que le bijou soit fait dans sa propre entreprise, auquel cas on en connaissait tous les secrets sans même connaître grand-chose dans la matière. Secrètement, elle espérait l’avoir impressionné. La jeune fille fut un moment silencieuse, gardant ses yeux sur son bracelet, puis sur Sylvère… et finit par ôter le bijou de son poignet pour le lui tendre, avec son sourire séduite.

« Prenez-le. Je vous dois ma vie, et ma vie vaut bien plus que quelques diamants et quelques grammes d’or. Et puis… cela vous fera un souvenir de moi. »
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Message par Sylvère d'Aiguemorte le Mer 15 Avr - 12:41

L'expression flattée qui se peignit sur les traits de la jeune femme quand il la complimenta sur son bracelet lui laissa bon espoir. Bingo ! Il avait touché juste, encore une fois. Il l'écouta en souriant, sans l'interrompre et avec grand intérêt. Et non, ce n'était pas feint du tout. Parce que ce qu'elle lui expliquait l'intéressait vraiment. Au moins en ce qui concernait les diamants et l'or, toujours !

Deux cents quatre-vingt-deux diamants.

Le rêve.

C'était à se demander comment il pouvait y en avoir autant sur un si petit object ! Mais il ne fallait pas être devin pour estimer combien cette... chose pouvait valoir. Cher. Vraiment très cher.

Il en était là de ses réflexions quand Emisekhet se pencha vers lui en disant :

- Tenez, regardez…

Sylvère obéit sans rien dire, en surveillant la route malgré tout. Il l'écoutait d'une oreille attentive, même s'il fallait être honnête sur une chose : le mythe en lui-même l'intéressait beaucoup moins. Cependant, il ne doutait pas que connaître cette histoire pourrait lui servir, il ne savait pas encore à quoi...

Il eut un hochement de tête admirateur - et il n'eut pas besoin de se forcer encore une fois. Parce que décidément, il trouvait impressionnant ce petit bijou.

Et puis, elle le retira soudain et le lui tendit, toute émoustillée. Gagné. Si Sylvère souriait intérieurement, en se tournant vers elle, il prit soin d'afficher une expression touchée.

- Mademoiselle, je vous l'ai déjà dit : je n'ai nullement fait cela pour une quelconque récompense...

Il fit une pause et enchaîna avec un petit sourire, en guise de plaisanterie :

- Mais je suppose que je ne peux pas refuser le cadeau d'une princesse, n'est-ce pas ?

Et il n'allait pas s'en plaindre, il fallait en être sûr ! Il accepta donc le bijou, qu'il glissa dans sa poche en tâchant de ne pas avoir les yeux brillants de convoitise. Enfin, il se tourna vers elle de nouveau :

- Je suis très touché, mademoiselle.

Finalement, le carrosse quitta les derniers arbres de la forêt et les murailles se dessinèrent au lointain :

- Voyez, dit-il en les désignant de la main, vous n'étiez plus très loin de la capitale, n'est-ce pas ?
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