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[ 2 octobre 1597] “L'arbre tombe, on l'entend ; la forêt pousse, pas un bruit.” ((Eldred))

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Message par Sahar le Dim 3 Mai - 21:12

“ Qu’ils s’entretuent, ça m’est égal.” Ces mots vagabondaient dans son esprit, flottant sombrement tel des nuages de pluie. Après son réveil, Sahar s’était assise près du port pour contempler le lever du soleil, admirant la myriade de couleurs orangées qui teintaient dorénavant le ciel. Elle réfléchissait, la demoiselle. Plongée dans ses songes, elle cherchait des réponses dont elle ignorait les questions. Installée au bord de l’eau, la jeune femme laissait son regard survolait les ondulations apaisantes de l’océan. Sahar était perdue et même la clarté du soleil levant ne l’aidait pas à clarifier son esprit embrumé. Reposée entre ses mains une fine lame peu aiguisée, le couteau était devenu plus émoussé au fil du temps. L’air marin calmait les pulsations désordonnées de son cœur, les cris des volatiles adoucissaient la tempête qui faisait rage dans son âme.

Sahar pouvait trouver son intérêt, dans cette révolte. Une grande partie d’elle-même en avait conscience. Seulement, l’autre partie, plus petite et discrète, considérait que cette rébellion ne mènerait à rien. Elle ne vouait aucune foi en leurs principes et refusait à ce qu’il en soit autrement. L’idée de s’allier à quelques autres rebelles ne lui convenait pas. Sahar s’entêtait à parcourir son chemin seule, persuadée que le monde ralentirait le moindre de ses pas. Mais Icare lui avait ouvert les yeux. La veille, le bougre avait attisé sa colère, rouvrant la plaie qui n’avait jamais cicatrisé. Il lui avait proposé de saisir cette opportunité, avant qu’elle ne disparaisse dans un nuage de fumée. Lorsque la demoiselle se leva, l’astre solaire brillait haut dans le ciel.

Résolue, Sahar empruntait le chemin menant jusqu’à la forêt, se déplaçant avec rapidité et empressement.L’infime morceau d’elle-même disparu, écrasé sous le poids de son désir de représailles. La demoiselle ralentit sa marche à l’entrée du bois, désireuse de profiter de la quiétude du lieu. Sillonnant entre la végétation, elle ne cessait de regarder dans les environs, à l'affût du moindre mouvement et du moindre bruit. Le gazouillis des oiseaux accompagnait chacun de ses pas tandis que Sahar se dirigeait vers une petite source dont seul le clapotis de l’eau lui parvenait. Elle longea le ruisseau, s’évertuant à suivre les indications d’Icare. Au loin, apparaissait une petite clairière où quelques silhouettes étaient rassemblées. Sahar s’arrêta, assez proche pour entendre des sons de voix légers, assez éloignée pour n’avoir aucun visage dans son champ de vision. Elle s’adossa contre le tronc d’un arbre, jetant de temps à autre un regard en direction de ce qu’elle imaginait être des esclaves, pour observer l’évolution de la situation.


Seulement, tous patientait. Plongée dans un long silence uniquement brisé par les chuchotements et son palpitant, Sahar attendait. Elle jouait avec un couteau, se focalisant sur la lame tournoyant entre ses doigts méticuleux, préférant faire abstraction du tambour dans sa poitrine. Attendre l’exaspérait, elle éprouvait la sensation d’être un volatile enfermé dans une cage. Alors Sahar, elle s’impatientait. Dans sa prison, l’oiseau s’affolait. Aussi, la demoiselle s’écarta de l’arbre pour se placer face à ce dernier. La jeune femme envoya son couteau dont la pointe vint se planter brusquement dans l’écorce. Le temps défilait à toute vitesse. Et Sahar lançait sa dague, se mouvant avec une extrêmement nonchalance qui la caractérisait tant.

À chaque nouveau lancer, sa fureur s’amplifiait. Pourtant, sa détermination demeurait intacte. Cet idiot d’Icare avait raison, cette révolte serait son unique opportunité. Son unique opportunité pour cette vengeance qui détruisait son coeur et tourmentait ses nuits. Elle se démenait contre ses démons qui se tapissaient, se languissant de cet instant où ils pourront envahir son âme. Dès que Sahar osait fermer les yeux, les cauchemars assiégeaient son esprit. Du feu, du sang, des cris et des sanglots. Elle revivait encore et encore ce moment. Ses rêves n’étaient qu’un tisonnier, remuant sans relâche le brasier qui la rongeait lentement.
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Message par Eldred Kjaersen le Lun 4 Mai - 19:29

Ce matin là était particulier. Eldred disposait d'une occasion rêvée de se rendre dans les bois afin d'y rencontrer les rebelles dont Jérémie lui avait parlé.

Le zakrotien avait fait un détour par les écuries du château de Frenn afin d'y récupérer son alibi: une belle jument pur sang alezane qu'il devait aller faire ferrer puis galoper afin de s'assurer que son problème de corne était résolue et que tout était parfaitement en place. Une véritable aubaine.

Il pansa le splendide équidé, l'harnacha et déposa dans ses sacoches un sac de vivre emprunté aux cuisines -La taxe pour son passage dans les bois-.

Lorsque les préparatifs furent achevés, il monta sur l'animal et comme à chaque fois un sentiment de liberté s'empara de lui. Sourire aux lèvres, Eldred quitta Frenn en direction du Maréchal-Ferrand. Deux heures plus tard, l'affaire était réglée et il prit le chemin de la forêt. Trahir la confiance du baron lui pesait plus qu'il ne l'aurait imaginé. Depuis son arrivée, il avait appris à apprécier l'homme droit et juste qu'il était. Ils partageaient finalement bien plus que ce que n'importe qui aurait pu imaginer.

Seulement voilà, une marque indelible les séparait et Eldred était déterminé à mettre fin à l'esclavage. Projet utopique pour certains, lueur d'espoir pour d'autres.
Lui n'envisageait simplement pas de s'en tenir au la servitude volontaire. Il était né libre dans les landes zakrotiennes, il mourrait libre ou en essayant de l'être.

Puisse la sagesse d'Odin guider mes pas.

Une fois sur place , il s'acquitta de sa taxe et rencontra ses hommes et femmes près à tout risquer dans cette aventure folle. Tous se reposaient sur lui bien que l'idée du plan fut de Jérémie. Eldred avait toujours eut cette capacité naturelle à fédérer autour de lui, sans réellement savoir pourquoi ni comment.

Un bruit sourd et répétitif attira tout à coup son attention. Le son de quelque chose heurtant l'écorce. Il chercha du regard et ne vit rien. Il se leva, et se dirigea vers l'origine du son, tenant sa précieuse jument par la bride.

- Ce pauvre arbre ne vous a rien fait Mademoiselle et je crains que le martyriser ne puisse apaiser votre rage.

Il lui sourit, compréhensif avant de poursuivre.
- Dites-moi donc ce qui vous met dans cet état. A moins que vous ne préfériez venir vous asseoir?
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Message par Sahar le Mar 5 Mai - 15:11

Certainement dû à la fatigue qui se lisait sur ses traits, Sahar n’avait pas entendu le bruit de pas qui se rapprochait. Perdue dans ses songes, la demoiselle semblait bien éloignée de la réalité. Aussi, la demoiselle sursauta au son d’une voix masculine, qui retentit près d’elle. La jeune femme quitta des yeux le tronc qu’elle avait utilisé comme cible, pour poser son regard glacial, d’un froid inusité, sur l’étranger. Elle le parcourut des yeux de la tête en bas, surprise de tomber sur ce qui lui apparaissait comme un guerrier, plutôt qu’un esclave. Sa carrure ressemblait à celle d’un soldat, et non d’un servant. Icare ne lui avait rien dit sur cet homme, si ce n’est son nom. Eldred. Était-ce ce fameux Eldred, qu’elle avait sous les yeux ? Son sourire la déstabilisa légèrement, troublé par cette marque de gentillesse. Depuis combien d’années ne lui avait-on pas offert un simple sourire ? Sahar avait oublié l'apparence d’un visage lorsque la sympathie s’y reflétait.

Mais s’enquérir de ses sentiments était comme s’entêtait à fendre une roche en deux, espérant y trouver en son coeur quelques diamants. Sahar s’évertuait à être ce rocher qui gardait tous ses secrets pour lui-même. “ Je préfère venir m’asseoir, si ça ne vous ennuis pas.”répondit-elle, de sa voix calme et pourtant cinglante. Puis son regard glissa vers le cheval qui se tenait paisiblement au côté de l’étranger. La jeune femme s’approcha de la jument, admirant la finesse de sa musculation qui différait du poitrail puissant d’un étalon. Rares étaient les occasions où elle pouvait s’approcher d’un cheval et lui effleurer l'encolure.

Les seuls que Sahar pouvait croiser appartenaient aux nobles et elle craignait de se faire attraper à tourner autour avec un peu trop d’insistance. La demoiselle avait bien tenté de travailler comme garçon d’écurie, mais on lui avait ri au nez, et jeter dehors. Alors, elle avait fini par abandonner l’idée, se contentant de les contempler lorsqu’ils traversaient la ville. Cette passion lui avait été transmise par sa mère, qui chaque soir lui partageaient ses connaissances sur les chevaux. Et chaque soir, Sahar s’endormait bercée par les mots de sa génitrice.

S’apprêtant à rejoindre le groupe, la jeune femme s’arrêta à la hauteur de la jument. Sahar sembla hésita un instant, songeuse, se demandant si elle ne devrait pas plutôt s’éloigner rapidement de l’étranger. Pourtant, sa main se dirigea doucement vers la jument pour venir caresser son chanfrein avec délicatesse. Le cheval semblait peu enclin à être cajolé mais il ne se déroba pas sous la caresse de la jeune femme. Il semblait imperturbable, à croire que même si le monde venait à s’écrouler autour d’eux, il n’esquisserait aucun mouvement.“ Êtes-vous celui qui est à l’origine de cette révolte ?”finit-elle par demander froidement, ancrant son regard dans celui de l’inconnu. Se dégageait de sa prestance une force qui lui paraissait inébranlable, une force d'une intensité que Sahar n’avait jamais perçue auparavant chez autrui.
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Message par Eldred Kjaersen le Mer 6 Mai - 19:51

Eldred se heurta à un mur. La jeune femme préféra garder le silence et son fardeau pour elle seule. Le zakrotien n'insista pas, ce n'était pas dans son habitude. Il était plutôt rude dans son approche, parfois froid mais savait respecter le secret lorsqu'il s'imposait.

La seule réponse qu'il obtint concerna son invitation à venir s'asseoir avec eux. Il n'avait manqué de percevoir le regard mi-curieux mi-admirateur de l'inconnue à l'égard de la jument du baron.  Il fallait dire que c'était une magnifique bête tout en élégance mais doté de muscles saillants qui laissait présager de sa rapidité. Elle était de plus, parfaitement entretenue, l'oeil sombre et vif, le poil luisant et une crinière parfaitement ordonnée.
Elle s'approcha de l'équidé tendant la main pour en caresser le chanfrein. L'animal piaffa et secoua l'encolure sans pour autant se dérober lorsque la rencontre eut lieu. Les pur sang d'orient partagés tous ce caractère nerveux voire sanguin. Eldred avait appris à les apprécier et à les connaître  depuis le temps qu'il s'occupait d'eux. Il se contenta donc simplement de lâcher du leste sur la bride afin de ne pas agacer plus la jument.

- Vous aimez les chevaux? demanda Eldred à tout hasard.

- En tout cas, vous n'avez pas l'air de lui déplaire ce qui est déjà beaucoup venant de sa part. il eut un discret sourire.

Parfois les animaux pouvaient s'avérer être de bons médiateurs.

Mais ce fut par une autre question qu'elle lui répondit. Il croisa ce regard glaçant qu'il ne sut pas réellement comment interpréter. Avait-elle quelque chose contre les rebelles ? Ou sa colère était-elle simplement tournée vers elle-même ?

- Mon nom est Eldred Kjaersen et je suis à l'origine de ce rassemblement en effet.

Il se rendit soudain compte qu'il allait devoir laisser son fier patronyme zakrotien dans un placard et endosser lui aussi une double identité.

Malgré les lames de glaces qui tentaient de le transpercer, Eldred soutenait toujours ce regard presque dérangeant. Quand on avait vu la mort en face, plus rien ne pouvait vous faire détourner le regard.

- Et vous quel est votre nom? demanda-t-il en flagrant l'encolure de la jument.
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Message par Sahar le Jeu 7 Mai - 15:55

La demoiselle effleurait la tête de la jument avec douceur, mais son regard était dirigé vers l’étranger. Elle était incapable de quitter des yeux son sourire, sourire qui semblait lui mettre un peu de baume au coeur. Elle ne souriait plus, Sahar. Son bonheur avait brûlé, sa joie de vivre avait disparu dans un nuage de fumée noire. La vagabonde avait grandi au côté de sa colère et de sa tristesse, détruisant toute trace de gentillesse que son visage avait pourtant arborée autrefois. Le sourire de Sahar serait-il aussi doux que celui du cavalier ? Serait-il aussi contagieux ? Aussi lumineux ? La demoiselle en doutait fortement. Ses traits se durcirent, déstabilisée par cet étranger qui l’observait avec bien trop d’intensité à son goût. Aussi se fut elle qui détourna les yeux, incapable de soutenir plus longtemps ce contact visuel, lorsque ce dernier se présenta comme Eldred Kjaersen. La demoiselle se contenta de hocher la tête, sa réponse confirmant ses doutes concernant son identité.

Elle se pinça les lèvres, puis ses yeux vagabondèrent vers la selle, scrutant le moindre détail, cherchant inconsciemment un objet à voler. N’avait-elle pas un minimum de lucidité ? Une conscience ? L’esclave semblait être bien traité, peut-être son maître lui avait-il confié quelques objets de valeurs. Objet que Sahar pourrait revendre. L’hiver approchait à grands pas, bien trop vite à son goût. Bientôt, les arbres seront dépourvus de leur parure verdoyante, les animaux sauvages seront plus rares et la végétation se fera plus discrète. Et bientôt, Sahar aura les joues plus creuses, son teint deviendra plus pâle et sa silhouette plus fine. Les granges lui offraient des moments de répit pour la nuit, mais la demoiselle se devait de les quitter aux premières lueurs de la journée. Voler était devenu une habitude. Et quand bien même la demoiselle appréciait de temps à autre sentir la peur fusait dans ses veines, Sahar ne volait pas par envie. Mais bien parce qu’elle n’avait pas le choix.

La jeune femme se contenta de dépouiller, de ses yeux noisette, la silhouette de la jument, qui ne révéla aucune source possible de revenu. Sa question l’arracha de sa contemplation. Ses iris filèrent doucement vers l’esclave, comme si elle redoutait inconsciemment de croiser de nouveau son regard. “ Sahar. Je me nomme Sahar.”prononça-t-elle, de sa voix glaciale qui contrastait avec le brasier brûlant dans ses pupilles. Sahar, tout simplement. Elle n’appartenait plus à quiconque, à quoi que ce soit. Aucune attache, des racines arrachées de leur terre il y a bien longtemps. Sahar, sans aucun nom de famille. Ou l’avait-elle oublié, avec les années ? Sahar, l’étrange vaurienne qui errait dans la ville.

” Je ne suis pas une esclave. Je souhaite seulement vous aider dans votre...entreprise.”La jeune femme se recula, s’éloignant ainsi du cavalier et de sa jument. Aider, ce terme sonnait étrangement malséant sur ses lèvres. Ce terme camouflait la vérité, vérité qui finirait par être révélée si la demoiselle n’y prenait pas garde. Elle n’était là que pour servir ses propres intérêts et non pour soutenir les souhaits des esclaves.“ Je peux me battre.”assura-t-elle aussitôt, craignant d’être jugé dû à son statut de femme, dû à la délicatesse de sa silhouette.Elle dardait sur lui ses yeux où brillait presque une lueur de défi. Pourtant, Sahar ne souhaitait pas croiser le prénommé Eldred dans un combat. Sa carrure de guerrier et la force de son regard l’intimidaient, bien que la vagabonde ignorait volontairement ce sentiment de fragilité qu’elle éprouvait. Sahar n'était pas faible, elle se refusait de l'être.La jeune femme était bien trop orgueilleuse pour renoncer à la moindre altercation. Elle affronterait la tempête et la colère de l’océan, par impulsivité et arrogance. Tandis qu'elle ne percevait que du courage dans ses actes, le monde y décelait sa stupidité et son inconscience.

Se battre, était un bien grand mot. Elle n’avait jamais tenu une épée de sa vie. Et face à un guerrier aguerri, ses capacités au combat étaient insuffisantes. Sahar était un danger, bien plus qu’elle n’était réellement un atout. Mais peut-être n’y verrait-il que du feu ?Cette révolte ne lui permettrait pas de survivre, seulement d’assouvir son besoin de vengeance. Qu’elle y trouve la mort lui importait peu. Et même si la jeune femme n’avait jamais posé un pied sur un champ de bataille, la violence lui était devenue familière depuis que ses yeux enfantins avaient observé la mort en face.
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Message par Eldred Kjaersen le Ven 8 Mai - 17:27

Le zakrotien ne quittait pas des yeux la jeune femme. Il avait l'impression qu'un gouffre infranchissable les séparer. Ce n'était pas la personne la plus sociable du monde et cette attitude le déstabilisait. Sans doute car elle sentait la nervosité ambiante, la jument renâcla en secouant vivement son encolure.

- Shhhh min smukke-ma jolie- murmura-t-il en apposant sa main sur son museau de velours sans quitter des yeux l'inconnue.

Il la vit scruter l'animal et notamment les sacoches. Eldred préféra rester sur ses gardes: la bête en elle-même valait une petite fortune, sans parler de son harnachement...

- Vous voulez à manger? demanda-t-il en se déplaçant lentement vers l'arrière train de l'animal.

Sahar. Je me nomme Sahar.

Eldred acquiesça de la tête, et ouvrit lentement les sacoches. Il aurait sans doute du faire demi-tour, la laisser seule avec sa rage mais il se sentait obligé de lui tendre la main. Plus il l'observait, plus il avait l'impression de se trouver face un petit animal blessé. Plus il l'observait et plus il avait envie d'en savoir plus et de percer ce mystère. Cette voix glaciale et ce regard de feu ne pouvait pas être anodin. Lui-même ne ressentait pas une telle rage. Sans doute car au fond de lui-même, il avait l'espoir que tout s'arrangerait. Ce n'était qu'une question de temps. Comme le chasseur guette tapi sa proie, Eldred attendait l'opportunité qui le libèrerait. Ses pas l'avait amené à prendre la tête d'une révolte mais pour autant il ne négligeait pas l'idée de se faire du baron de Frenn un allié. A part le Roi, personne n'avait autant de pouvoir que lui...

Il tendit une brioche et une pomme mais la jeune femme recula d'un pas.

Je ne suis pas une esclave. Je souhaite seulement vous aider dans votre...entreprise.

A nouveau, il lui fit signe qu'il avait compris, son bras restant toujours tendu vers elle.

Je peux me battre.

Cette phrase lui fit hausser un sourcil. Craignez-t-elle d'être mise à l'écart? Elle devait sans doute ignorer que parmi leur rang se trouvait même une fillette.


-J'espère que vous n'en aurez pas besoin tout de suite. Nous userons d'abord de la ruse ensuite de la force. Qu'est-ce qui vous motive tant à intégrer cette révolte si vous n'êtes pas concerné directement?


C'était une question anodine. Elle était la première personne à souhaiter faire parti de cette grande aventure sans être esclave, alors forcément, cela piquait sa curiosité. Avec autant de colère en elle, c'était peut-être un moyen de parvenir à une revanche? Le guerrier fronça les sourcils. Il devait savoir. Il ne pouvait pas accepter qu'une personne mette en danger le plan par aveuglement ou par intérêt personnel. Chacun d'entre eux risquait gros. Une mort atroce bien loin de la mort dont rêvait le zakrotien. Et surtout... Chacune de ses âmes étaient sous sa responsabilité désormais. Si quelque chose tournait mal alors ce serait de son propre chef.
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Message par Sahar le Sam 9 Mai - 14:30

Ce regard océan la fixait et Sahar demeurait étrangement stoïque, comme si le moindre de ses muscles refusait de coopérer. Elle observa vaguement sa main se poser doucement sur la tête de la jument et écouta attentivement ce qu’il murmura. Des mots, d’une langue qui lui était inconnue, s’échappèrent des lèvres de l’esclave. Sahar se garda bien de lui demander quelles étaient ses origines, malgré la curiosité qui s’emparait d’elle. Sa question l’étonna. Aussi, la surprise se dessina sur son visage et la demoiselle resta un moment silencieuse, légèrement hésitante. Elle observa la nourriture qu’il lui tendait, trop déconcertée par ce geste si anodin, et pourtant lourd de sens à ses yeux. La vagabonde avait l’estomac vide, comme à son habitude, et ce dernier gronda à la simple vision de la brioche dorée.

“ merci.”Elle se dirigea de nouveau vers le cavalier pour s’emparer doucement de la nourriture. Ne serait-il pas réprimandé ? D’ordinaire, Sahar ne se serait jamais souciée de son sort. Pour des raisons que la demoiselle ignorait, l’idée que l’esclave soit puni par sa faute l’ennuyait. Pourtant, elle l’aurait dérobé sans remords, sans songer aux répercussions s’il ne lui avait pas offert lui-même un peu de nourriture. Mais il avait tendu sa main vers elle, et étrangement, la vagabonde ressentit l’ombre d’un regret pour avoir songé à le voler.

Puis, il lui posa cette question qu’elle redoutait. Quelles étaient ses motivations ? Pourquoi participer à quelque chose qui ne la concernait pas ? Si on oubliait son attachement aveugle pour sa colère, Sahar était libre. Du moins, quand elle n’était pas esclave de ses sentiments. Sans réfléchir, la demoiselle répondit, un peu trop brusquement certainement. “ Ca ne vous regarde pas.” rétorqua-t-elle aussitôt, sur la défensive.
Ses yeux tombèrent vers la pomme et la brioche, s’apprêtant à croquer dans le fruit. Mais la demoiselle s’arrêta dans son geste, ferma les yeux un instant. Elle avait parlé trop rapidement, Sahar en était consciente. Aussi, Sahar releva les yeux et se rattrapa.“ Je le fais pour mes parents. Mon frère. Ils ne peuvent pas se battre. Alors je le fais pour eux.”s’empressa de rajouter la jeune femme, d’un ton plus calme, presque doux. Ce n’était pas entièrement faux. Pas complètement vrai. Des mots entre la vérité et le mensonge. Des mots qui laissaient entendre que sa famille était encore en vie. Des mots qui laissaient insinuer que Sahar avait encore une raison d’exister. Comment réagirait Eldred, s’il venait à apprendre que la vagabonde n’avait rien à perdre ?

Elle redressa les yeux pour les poser sur le cavalier. Pendant un court instant, la vagabonde semblait porter toute la tristesse du monde sur ses épaules frêles. La demoiselle se reprit aussitôt en sortant le couteau de sa poche. Sahar avait bien remarqué que les oreilles de la jument s’étaient redressées, cette dernière observait la demoiselle, intéressée par le fruit qu’elle détenait. La jeune femme coupa un quart de pomme qu’elle tendit par la suite à la jument. La demoiselle resta de marbre tandis que le cheval croquait dans le fruit, mais toute trace de douleur et de fureur s’était évaporée de son regard.

“Cette réponse vous convient-elle, Eldred ?”demanda-t-elle sur un ton qui se voulait détaché. Elle osa couler vers le cavalier une œillade furtive, attirée inconsciemment par la beauté de ses traits. Frappée par la véhémence de son regard, Sahar détourna aussitôt les yeux, déstabilisée par l’intensité de ses iris, déstabilisée d’être ainsi dévisagée. Alors son regard vola en direction des arbres, se promena entre les différents feuillages.“ Les autres sont surement en train de vous attendre. Nous devrions les rejoindre.”lâcha-t-elle froidement, sans pour autant bouger.
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Message par Eldred Kjaersen le Lun 11 Mai - 19:20

Elle avait mis bien du temps à accepter la nourriture offerte que craignait-elle? De lui devoir quelque chose en retour? Des ennuis? Ou était-ce simplement un trop plein de fierté ? Ce n'était clairement pas l'abondance de denrées qui lui avait quasi fait refuser son offre. Eldred aurait pu entendre son ventre gargouiller que ça ne l'aurait pas étonné.

Il acquiesça de la tête lorsqu'elle le remercia finalement.

- C'est la moindre des choses. Je mange à ma faim chez le baron.
Etre esclave avait au moins cette avantage: il n'avait pas à se soucier de remplir son ventre. Chaque soir son gruau l'attendait et il voulait parfois quelques restes qui étaient distribués aux limiers du premier conseiller.

La question redoutée arriva. Ça ne vous regarde pas.. Ces mots eurent le don de le faire sortir de ses gonds plus qu'il ne l'aurait voulu.

- Ca me regarde entièrement ! Ces hommes et ses femmes son sous ma protection. Chacun d'entre eux, risque de finir en croix à la moindre erreur! Je refuse de les mener à l'abattoir pour... Quelqu'un qui n'en a ni la motivation, ni la retenue nécessaire. Ce n'est pas un jeu...

Son regard était dur, glacial même et sa voix tranchante. Il n'y avait plus rien de l'esclave. Le fier guerrier zakrotien, qui avait mené la révolte échoué contre Monbrina était de retour. Il pouvait sentir Thor, lui même le guider et lui donner la force nécessaire à cet entreprise.

La jeune femme réalisa son erreur et se reprit avec une réponse pour le moins évasive qui ne le satisfit guère. Mais mettre de l'huile sur le feu n'aiderait en rien. Il la question était plus tard à ce sujet.

- Cette réponse fera l'affaire. Pour l'instant.

Elle souhaitait retourner auprès du groupe mais l'esclave la détailler toujours.  Ses cheveux sombres... Ses yeux mi-triste mi-colérique. Il se plut à imaginer à quoi ils ressembleraient étincelants de cette joie lumineuse. Il attrapa son bras malgré lui, la retenant.

- Ils peuvent attendre. Que diriez-vous d'aller faire un tour en forêt. Nous pourrions faire connaissance un peu plus amplement.

Il ne l'avait pas quitté du regard. Son ton s'était nettement radouci et seul la fierté de l'homme perçait du regard.
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Message par Sahar le Mar 12 Mai - 0:43

Sahar ne releva pas sa remarque et bien qu’elle considérait à présent que certains esclaves menaient une vie plus paisible que la sienne, jamais elle n’envierait leur quotidien. Son expérience aux côtés de ce vieux Gavin lui suffisait amplement. Bien que son corps n’ait jamais été affublé du symbole propre aux esclaves, sa peau arborait encore les cicatrices de ce passé houleux. De par son apparence, Eldred lui apparaissait comme un guerrier. Comment pouvait-il s’être retrouvé esclave, si ce n’est par la capture ? L’échec d’une bataille ? Si tel était son cas, il était bien chanceux d’être tombé sur un maître miséricordieux. Certains ne jouissaient pas tous de cette veine.

Ses mots, prononcés sous l’impulsivité, furent certainement la goutte de trop pour le cavalier. L’esclave disparut, emporté par une tempête. L’homme qui lui faisait face, un homme submergé par la colère, semblait avoir la force nécessaire pour déplacer des montagnes. Et Sahar, la petite vagabonde, parut si ridicule face à une telle démonstration d'autorité. Un regard glacial, un regard où se noyait un océan tumultueux de violence et de fierté, un regard qui sondait le sien. Le feu aux joues, la demoiselle luttait contre elle-même pour ne pas s’emporter. Oh pourtant, ce n’était pas l’absence de réponse qui lui manquait, ni l’absence de rage. Son insolence ne l’avait pas déserté, non, elle était là tapie dans son esprit, attendant avec impatience de sortir au grand jour. Elle se pinçait les lèvres à en sentir le goût métallique du sang sous ses dents, ses ongles s’enfonçaient dans ses paumes à y laisser une marque dans sa peau.

Pense à ta vengeance Sahar, se répétait la demoiselle dans son esprit. Ses songes, véritable litanie, eurent pour effet de chasser la rage. Elle sut retrouver le calme, étouffant sa colère par cette envie de vengeance. Les flammes dansaient encore dans ses yeux quand l’esclave lui révéla que sa réponse suffirait pour le moment. La mine de Sahar aurait pu être ornée d’un rictus, si elle n’était pas en proie à sa haine. Pour apaiser la tension évidente qui régnait dans son esprit, la vagabonde profita de cet instant pour lui proposer de rejoindre les rebelles. Elle s’apprêtait à faire demi-tours, quand le cavalier déposa sa main autour de son bras. La demoiselle sursauta, surprise de ce contact inattendu. Ses yeux cherchèrent aussitôt sa main sur son bras, puis doucement, se promenèrent le long de la silhouette de l’esclave, s’arrêtant seulement lorsqu’ils rencontrèrent les pupilles d’Eldred.

Il l’observait fixement et Sahar ne pouvait qu’admirer la complexité de ses iris où se mariait une myriade de teintes différentes. Complexité qui s’insinuait dans ce que l’esclave dégageait dorénavant ; une certaine douceur ainsi qu’une immense fierté. La tempête s’était dissipée. Aussi, le cavalier lui proposa une excursion en forêt, chose qui ne manqua pas de déstabiliser une énième fois la vagabonde. Cette dernière ouvrit la bouche, s’apprêtant à répondre, des mots cinglants ou des mots qui lui aurait évité l’angoisse que Sahar sentait venir au galop. Mais rien. Ses lèvres se refermèrent. Aucun mot ne lui venait en tête. Elle fuit le regard de l’esclave et s’écarta aussitôt de lui, mais son geste manquait terriblement de volonté. “ Très bien, si c’est ce que vous souhaitez. Nous pouvons longer la rivière.”proposa-t-elle, sa langue enfin déliée, en se dirigeant vers le cours d’eau.


Elle n’aimait pas ça, Sahar. Elle ressentait le sentiment que l’on souhaitait détruire le mur qu’elle érigeait désespérément autour d’elle. Et ce mur, elle ne le laisserait tomber pour rien au monde. C’était son bouclier pour affronter le monde extérieur et la vagabonde ne tenait pas à s’en séparer, comme un guerrier attaché à son arme. Ses yeux survolaient la surface de l’eau quand la jeune femme posa la première question qui lui venait en tête. Une question qui obligerait l’esclave à parler de lui, une question pour assouvir sa curiosité. “ Comment êtes-vous devenu esclave ?” La demoiselle se sentait maladroite, elle percevait cet échange comme une véritable lutte. Elle ne craignait pas grand-chose et pourtant, elle redoutait de tout son cœur cette conversation.
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Message par Eldred Kjaersen le Mar 12 Mai - 10:08

Il avait décidé de ne pas lâcher l'affaire, d'en apprendre plu sur elle. Il était ainsi: obtus. Et être esclave n'avait jamais entaché la moindre parcelle de son être. Il se contentait de faire ce que l'on attendait de lui, tapi dans l'ombre. Son "maitre" était juste et le traitait bien. Il devait même avouer qu'il l'appréciait en tant qu'homme dans une certaine mesure. Sans doute car ils partageaient plus de points commun qu'on aurait pu le penser de prime abord. C'était donc parfaitement spontanément qu'il avait  attrapé son bras afin de la retenir.

Il n'était pas réellement curieux. Pas au sens de ses pipelettes avides de ragots, il était plutôt intrigué. Il n'avait jamais rencontré -ici ou à Zakros- de personnes telle que Sahar. Aussi fermée et perdue, les dieux savaient où. Eldred ne pouvait s'empêcher d'avoir l'impression de traverser les contrées obscures et glaciales du Niflheim à la recherche de son âme.

Elle proposa la rivière. Il accepta. Un simple signe de la tête, un simple signe au groupe d'esclave et il empoigna la bride de la jument. Il pouvait la sentir mal à l'aise. Avait-elle autant peur de lui? Ou était-ce juste leur proximité qui engendrait ce phénomène?

Ils ne tardèrent pas à arriver au bord du cours d'eau et sa langue se délia enfin, le questionnant sur son arrivé ici.

- Je suis un prisonnier guerre de zakrotien. J'ai mené la dernière révolte contre Monbrina et je n'ai pas eu l'honneur de mourir sur le champ de bataille comme l'aurait exigé nos coutumes. J'ai été capturé. Trainé -littéralement- jusqu'à Braktenn. J'ai perdu des frères et des sœurs d'armes sur le chemin, incapable d'avancer plus loin en raison de leurs blessures. On les a laissé là, au milieu de nulle part à nourrir les corbeaux. Loin de leur patrie et de leur famille. Ils n'iront jamais au Valhalla. Leur âme appartient déjà à Hel. Vous n'imaginez même pas l'affront que cela peut constituer pour eux. Juste parce qu'ils ont eu le malheur d'échouer et de survivre. Je suis toujours sans nouvelle de mon meilleur ami, Ingvar, qui a été soigné in extremis par le Baron de Frenn lors de notre "achat". Et vous que vous est-il arrivé? On ne finit pas dans les bois par hasard.

Il n'avait jamais évoqué les détails de son arrivée avec qui que ce soit. Même Aud n'en connaissait pas toutes les subtilités. Il lui avait offert une version édulcoré de ce supplice. Cela lui fit quelque part du bien, et si ses yeux se perdirent au loin, c'était plus à la recherche de ses souvenirs que pour fuir l'instant. Il lui avait offert une portion de sa vie et espérait désormais qu'elle en ferait autant. Donnant-donnant.
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Message par Sahar le Mar 12 Mai - 15:02

Ses mots s’écoulèrent doucement, comme un long fleuve tranquille et Sahar fut contrainte de contempler ce guerrier qui semblait porter toute la force de l’univers. Elle l’écouta en silence, montrant un intérêt profond pour ce récit qui toucha profondément son âme. Sahar ne le quittait plus des yeux, tandis qu’il lui racontait le cheminement de sa vie, omettant aucun détail sur les atrocités dont il a été témoin et victime. La vagabonde ne pouvait imaginer toute la souffrance que le guerrier avait dû ressentir. Tout ce qu’il avait enduré. Pourtant, il marchait avec une telle fierté, une telle puissance, rien ne laissait croire qu’il avait vécu une existence aussi houleuse. Miroiter autour de lui une aura de force et de bienveillance qui impactait la demoiselle, qui s’arracha à sa contemplation dès l’instant où le guerrier lui posa à son tour une question.

L’idée de mentir fleurie aussitôt dans son esprit. Seulement, comment pouvait-elle récitait un flot de mensonge, quand il lui avait conté son histoire, quand il lui avait révélé une vérité sans artifices ? L’esclave n’avait pas cillé et seul son regard absorbé par l’immensité de la forêt démontrait qu’il s’était égaré dans ses souvenirs. Sahar était encore bien trop fragile pour abandonner ainsi sa carapace. Elle n'avait pas la force du guerrier. Sahar était terrifiée à l’idée de s’écarter de son bouclier, à l’idée de s’extraire de cette petite bulle où elle façonnait son propre monde. “ Je suis désolé pour vos amis, personne ne mérite de telles tortures.”ce furent ses premiers mots, brisant le silence qui s’était installé. Elle ignorait tout de la culture des zakrotiens mais la vagabonde était affectée par cette souffrance qui irradiait du récit de l’esclave.

Sahar prit une grande inspiration, lança un regard aux légers tremblements de ses mains puis observa avec un intérêt démesuré le courant de l’eau. Les mots restèrent un moment coincés dans sa gorge. Et finalement, ils traversèrent ses lèvres avec une infime douceur tandis que sa mine dissimulait toutes émotions. Mais ses yeux. Ses yeux étaient un véritable portail ouvert sur tous les mystères de son âme.

” J’ai perdu ma famille, quand j’étais petite. J’ai ensuite vécu aux côtés d’un…paysan, j’ignore quel est son statut. Il possédait quelques terres dans la campagne. Je n’ai pas été marqué comme une esclave mais j’ai vécu tout comme, pendant quelques années. J’ai rencontré Icare, un imbécile si vous voulez mon avis. Nous avions prévu de partir ensemble mais il a profité d’une opportunité pour s’enfuir seul. Je me suis échappé peu de temps après. Icare m’a parlé de votre révolte, et...me voilà.” ses yeux brillaient de tristesse. Dans son esprit, les cris de son frère résonnaient encore, les corps de ses parents flottaient encore dans les airs. Sahar ne lui avait pas entièrement tout raconté et se gardait bien de rajouter des détails à son récit. Elle était incapable de partager entièrement sa douleur à un étranger. La jeune femme se sentait pourtant plus légère, plus apaisée maintenant qu’elle avait exposé la vérité. Sahar redressa le menton pour se donner une contenance et s’empressa de ravaler ses larmes bien trop avides de liberté. Sahar restait une jeune impudente malgré son âme en peine." Je me suis juré de venger ma famille. Et je le ferais."assura-t-elle avec un regard flamboyant, d'une voix cependant étonnamment calme. Comme si elle acceptait toutes les fatalités de son destin.
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Message par Eldred Kjaersen le Mer 13 Mai - 12:26

Il s'était confié à elle sans détour, se laissant porter par le fleuve des souvenirs. Il se sentait désormais bien plus léger, ses idées ordonnées et une page venait d'être tournée sans qu'il ne s'en rende réellement compte encore. Il lui retourna alors la question, espérant qu'elle jouerait le jeu sans fuir la vérité.
La jeune femme lui offrit sa compassion et l'étranger inclina la tête en guise de remerciement.

- Je vous remercie. Le passé est le passé. Il faut savoir savoir s'en détacher sans l'oublier si l'on ne veut pas couler avec, emporté par son poids.

Eldred avait posé sur elle ses yeux, à la recherche d'indices: sur elle, sur ce qu'elle pouvait penser ou ressentir à ce moment. Il perçut une certaine crainte mêlée d'hésitation et alors qu'il était en train d'anticiper un refus ou un mensonge, il nota les tremblements qui secouait sa main. Ses sourcils se froncèrent légèrement et il reporta son attention sur la bouche de Sahar qui semblait vouloir dire quelque chose sans y parvenir. Il tenta de l'encourager silencieusement d'un regard bienveillant et finalement elle se lança.

Une sombre histoire dont il pressentait qu'elle n'était là que l'arbre qui cachait la forêt de ses tourmentes.

- Je comprends mieux certaines choses. répondit-il laconiquement.

Ses mâchoires se serrèrent imperceptiblement. Monbrina ou l'empire qui se croyait plus éclairé et civilisé que ses voisins. L'empire qui affublait les zakrotiens du qualificatif de barbares pour avoir une culture et un mode de vie différent. Sa main se resserra inconsciemment autour de la bride de la jument qui s'arrêta immédiatement dans un hennissement lui rappelant ses égarements.

- Merci d'avoir partagé votre histoire avec moi. Je sais que cela vous en a coûté. La vengeance ne pourra pas les ramener à la vie, ni effacer votre passé.

Il y avait certain détachement dans sa voix. Eldred n'avait pas décidé de se révolter pour guérir du passé, il le faisait pour que le futur ne soit pas un écho du passé et la subtilité était importante.
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Message par Sahar le Jeu 14 Mai - 23:19

Se détacher ? Sahar en était incapable. Elle traînait son passé, ou peut-être était-ce l’inverse. La vagabonde y restait accrochée, enfermant ses souvenirs dans son esprit, les alimentant avec toute la haine qui l’habite. La jeune femme était comme piégée, emprisonnée par une longue chaîne de fer qui brûlait son corps, laissant des marques indélébiles sur sa peau.

“ Comment faites vous pour penser ainsi, après tout ce que vous avez vécu ?”demanda la demoiselle, la tête tournée vers l’esclave, scrutant inlassablement chaque parcelle de son visage comme s’il renfermait un fabuleux secret. Son regard exprimait une telle bonté, que Sahar aurait aimé le croire le temps d’un battement de cils. Elle aurait souhaité que tout soit aussi simple. Seulement, comment abandonner ce qui maintient en vie depuis tant d’années ? On ne lui avait jamais appris et se séparer de son fardeau lui paraissait être un idéal impossible, un rêve irréalisable. Mais le guerrier lui semblait être si serein, lorsqu’il évoquait le passé. Comme s’il avait fait la paix avec les atrocités qu’il a connues et qu’il pouvait dorénavant se tourner vers son futur, sans ressentir la pression d’une époque révolue. Et, aux yeux de Sahar, rien n’était plus admirable que cela.

La bienveillance irradiante de ses yeux l’encourageait, l’entraînait à sortir de cette coquille désespérément fermée au monde extérieur. Alors, elle lui fit à son tour part de son histoire, lui offrant un brin de son existence, essayant de balayer ce sentiment de vulnérabilité qui l’envahissait au fil de son monologue. Le mouvement de la jument attira son attention, et Sahar distingua furtivement la pression exercée sur les rênes. La demoiselle songea à ce qui pouvait être la cause de cette soudaine réaction, mais Eldred la tira de ses pensées, s’exprimant d’une voix étrangement calme.

Lorsque le guerrier parlait, Sahar éprouvait ce sentiment complexe d’être apaisée et troublée à la fois. Elle entendait ses mots mais refuser de les comprendre. Sahar se condamnait à vivre dans le passé. Elle n’avait jamais songé à son futur, bien que l’idée de s’engager dans l’armée en se faisant passer pour un homme lui ait effleuré l’esprit plus d’une fois. La demoiselle couperait ses longs cheveux, camouflerait tous les détails qui la différencient d’un homme. Puis, elle aurait remis sa vie entre les mains du destin.

“Je ne souhaite pas les faire revivre, j’ai cessé d’attendre ce miracle il y a longtemps.”avoua-t-elle doucement. Sahar avait conscience qu’elle lui révélait une myriade de chose qu’elle aurait dû garder scellé. Mais il était si facile de se confier à Eldred. Si simple. Sa manière de s’adresser à elle, son regard bienveillant à présent imprégné dans son esprit. C’était certainement insignifiant pour lui. Mais pour la jeune femme, c’était un véritable réconfort. Les mots du guerrier éraflaient l’âme de la vagabonde et touchaient des cordes sensibles. Seulement, Sahar se repliait doucement sur elle-même, son visage se fermait, sa voix se drapait de nouveau dans sa froideur habituelle. Aussi apaisant soit-il, le guerrier ne pouvait lui faire oublier son objectif.“ Je ne renoncerais pas à la vengeance. C’est la seule chose qui est en mon pouvoir.” Sahar ne s’était jamais familiarisée avec ce sentiment d’impuissance qui l'accompagnait à longueur de journée.
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Message par Eldred Kjaersen le Sam 16 Mai - 12:12

Comment faisait-il pour y arriver? Il ne s'était jamais posé la question, c'était une chose naturelle pour lui. Il allait toujours de l'avant. Comme un cheval, il ne faisait jamais marche arrière qu'importe le résultat ou les conséquences. Il avait toujours franchit les obstacles -avec plus ou moins de succès- sans jamais les refuser. Il y avait toujours quelque chose à tirer d'une situation. Être mis en esclavage, dépossédé de sa liberté, marqué comme du bétail avait été une épreuve terrible. Mais comme l'arbre survit après l'incendie: il n'avait laissé que l'écorce de son âme brûler, bien à l'abri, son coeur était resté intact. Mais comment lui expliquer une telle chose si... abstraite?

- C'est comme être dans un souterrain: si vous voulez en sortir vous devez regarder et chercher la lumière. Se diriger vers les ténèbres ou vous asseoir ne vous aidera pas à quitter les lieux. Vous avez vécu des choses épouvantables que je ne souhaiterai à personne mais vous devez transformer votre colère en force et non la laisser gangréner votre âme.

Il lui offrit un discret sourire. Il aurait voulu l'aider plus que cela mais il ne voyait pas quoi faire de plus. Elle était là, petite chose perdue dans l'obscurité, appelant à l'aide... Il lui tendait la main mais elle seule pouvait faire le choix de la saisir et de s'en sortir.

- Vous savez, nous n'avons qu'une seule vie, à vous concentrer sur votre vengeance, vous en oublierez votre propre existence. Je ne pense pas que c'est ce qu'ils auraient voulu. Ils auraient sans doute souhaité que vous viviez votre vie pleinement pour eux. Enfin... C'est ce que j'aurais souhaité personnellement.

Il s'arrêta soudainement. La jument piaffa quelques peu avant de se calmer rapidement. Le zakrotien planta son regard dans le sien. Il avait envie de la voir sourire, de la sentir libéré, de la voir profiter de son monde rude et imparfait, mais il se sentait terriblement impuissant. Il invoqua la sagesse du Borgne, Père de tous à la recherche des mots qui sauraient trouver leur chemin vers son âme.

- Qu'est ce qui vous plait et vous intéresse dans la vie? Je veux dire, à part maltraiter d'innocents arbres.
Un sourire taquin s'afficha sur le visage du guerrier.
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Message par Sahar le Dim 17 Mai - 12:35

Sahar se perdait dans le labyrinth de ses pensées, observant d’un air absent la verdure de la forêt. Elle souhaitait tant comprendre la signification des mots du guerrier, discerner la subtilité de ses paroles. Transformée cette colère en force et ne pas laisser cette dernière dévorer son âme, comme il l’avait précisé. Seulement, Sahar s’entêtait à considérer que c’était une pure folie. Il lui était si facile de se laisser guider par sa haine, la vagabonde n’avait jamais songé à ce qu’il en soit autrement. Dépourvue de sa volonté vengeresse, la demoiselle craignait d’être réduite à une coquille vide.

Partagée entre l’idée de rejeter complètement sa compassion, ou au contraire, l'accueillir à bras ouverts, la vagabonde ignorait sur quel pied danser. La force dont il faisait preuve l’impactait. L’esclave lui prodiguait l’envie de se battre pour quelque chose de nouveau, quelque chose de bien plus grand que sa vengeance. Les mots d’Eldred chassaient ses pensées égoïstes. En dépit de tout ce que Sahar imaginait auparavant, ce guerrier l’incitait inconsciemment à croire en ses idéaux et cette révolte.

“ Vous avez certainement raison. Je vous remercie Eldred, vous me semblez être un homme bon. Je vous aiderais à mener à bien la révolte, vous en avez ma parole. Ce n’est pas un jeu à mes yeux, vous pouvez compter sur moi. ”annonça-t-elle, se référant à ce que l’esclave lui avait déclaré quelques instants plus tôt. Déclaration qui flottait encore dans son esprit, bouleversant peu à peu son jugement concernant l’esclave et son insurrection. “ Mais si Dieu est miséricordieux, je rejoindrai ma famille dès que tout sera terminé. J’ai perdu tout ce qui m’était cher, rien ne me retiens ici.” C’est d’un regard résolu, que la vagabonde observait le guerrier à ses côtés. La peur de la mort, qui étouffait tant d’hommes, ne lui provoquait aucun frisson.

Résolution qui disparut aussitôt derrière un éclat d’amusement. La demoiselle s’attardait sur le regard malicieux du guerrier tandis qu’un sourire timide et délicat illumina son visage. Une éternité semblait s’être écoulée depuis cet instant où Sahar fulminait de rage, envoyant sa lame dans l’écorce de l’arbre, l’esprit ravagé par des désirs de mort et de représailles. L’océan impétueux s’était calmé, calme suscité par la présence du guerrier et bercé par la gentillesse d’un inconnu.

“ Et bien...je…j’aimerais apprendre à manier l’épée. Rassurez-vous, je laisserais les arbres en paix.”répondit-elle, une étincelle de malice pétillant dans ses yeux. Le maniement de l’épée l’avait toujours intrigué, et ce depuis son enfance. La demoiselle s’empressa d'ajouter d’une voix emplie de déception et d'amertume, effleurant l’encolure de la jument.“ J’aime être près des chevaux. Mais tous les postes libres m’ont été refusé.” aucune écurie, aucun marchand ne veut d’une petite demoiselle pour s’occuper des animaux.
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Message par Eldred Kjaersen le Dim 17 Mai - 22:33

Eldred acquiesça lentement de la tête à ses propos. Il savait pertinemment que ce n'était pas gagné et que le chemin serait encore bien long et semé d'embuches pour elle, mais s'il avait pu semer ne serait-ce qu'une graine d'espoir alors il en était pleinement satisfait. Le temps devait maintenant faire son œuvre afin de laisser cette idée entièrement nouvelle germer paisiblement. Elle évoqua ensuite sa propre mort et la miséricorde de son Dieu. S'il était si miséricordieux, il lui accorderait la paix de son esprit afin qu'elle puisse vivre librement sa vie. D'ailleurs il n'avait jamais compris comment un Dieu soit disant bienveillant pouvait laisser mourir des âmes innocentes. Mais tout cela était un autre sujet.

- Ne tentez pas la mort plus que de raison, vous pourriez y trouver une raison de vivre et le regretter amèrement. Vous retrouverez votre famille quand le moment sera venu, j'en suis certain

Il ne pouvait décemment pas réfuter son argumentaire. Mourir épée à la main peu importe la raison était la seule chose qui lui apporterait le salut de son âme, alors oui il comprenait, bien qu'il trouva cela dommage.

Il préféra alléger l'ambiance avec une question portant sur ses loisirs. Et puis il devait l'avouer, il avait envie de la connaitre, elle, la personne qui se cachait derrière tout cela. Il l'écouta et n'en fut guère déçu. Voir ce sourire puis cette étincelle malicieuse fut sa plus grande récompense. Ces yeux aussi sombres que la nuit soudainement illuminés d'une petite étoile lumineuse. Non, ce regard méritait décidément bien mieux que cette flamme de rage qui tentait par tous les moyens de l'engloutir.

Les propres pupilles d'Eldred furent prises d'un éclat de passion en entendant le mot "épée".

- Les armes sont toutes ma vie, Sahar. De leur création jusqu'au sang qui les teinte.
Il marqua une courte pause  le temps de se tourner vers elle, le temps de lui faire une proposition qui lui plairait sans doute:
- Je vous apprendrai si c'est ce que vous désirez. A Zakros, les femmes sont au moins aussi féroces que les hommes. Mais n'allez pas mourir demain l'apprentissage sera long. conclut-il de ce petit ton un brin taquin.
Il stoppa la jument avant de reprendre:
- Vous savez monter? Ca vous ferait plaisir de monter dessus? Je ne peux guère vous offrir mieux pour le moment malheureusement.
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Message par Sahar le Lun 18 Mai - 14:00

Bien que Sahar n’ajouta rien, ses paroles la laisseraient certainement songeuse pendant un très long moment. Depuis toujours, la vagabonde s’était accrochée à sa vengeance, la considérant comme une raison de vivre, sa seule et unique raison. Elle avait grandi de cette manière, à croire aveuglément en ses représailles qui nourrissaient sa rancoeur et sa colère, qui engloutissaient toute espérance. Mais le guerrier démantelait toutes ses croyances, il éparpillait ses pensées pourtant inébranlables. Sahar se considérait être aussi imperturbable qu’une montagne éternelle dans la tempête mais la demoiselle s’était bien fourvoyée.

Ses mots s’incrustaient dans son esprit, le nourrissant d’espoir, balayant tous ses songes les plus haineux. Mécaniquement, son sourire s’agrandit aussitôt lorsque l’esclave lui laissa entendre qu’il n’était pas simplement un soldat, Eldred forgeait les épées qu’il utilisait. L’admiration étincela dans ses yeux, admiration qui ne cessait de s’amplifier au fil de leur conversation. “ Vous êtes forgeron ?”demanda-t-elle, portant un réel intérêt pour ce qu’il lui révélait. Le guerrier ne cessait de susciter le respect de la demoiselle, ainsi qu’une certaine curiosité qui montrait doucement le bout de son nez. Comme un écho au regard passionné de l'esclave, la vagabonde ne put dissimuler la passion qui frétillait dans ses yeux lorsque Eldred lui proposa de lui apprendre à manier l'épée. Aussi, ses joues s’empourprèrent, tandis que Sahar coula un regard en direction de ses pieds, embarrassée par cette vague de gentillesse de la part de l’esclave, déstabilisée par ce torrent de joie qui la submergeait à cet instant. Le bougre, il arrivait à lui faire perdre ses moyens avec ses yeux malicieux.

La jeune femme redressa la tête.“ Ça serait fabuleux, je...heu, j’ignore comment vous remercier.” de nouveau, la vagabonde l’observait, elle l’observait comme elle n’avait alors jamais observé un homme auparavant. La reconnaissance se reflétait dans ses yeux sombres. L’âme du guerrier, si bienveillante et lumineuse, adoucissait les tourments de son âme et chassait les ténèbres de son esprit. Ses mots ajoutaient un peu de chaleur dans son cœur pourtant si froid, ajoutaient un peu de vie dans son âme pourtant si éteinte.

Puis ses pupilles se posèrent sur la jument, sourire flottant sur ses lèvres, réfléchissant à la proposition de l’esclave. “ Rien ne me ferait plus plaisir…” Un sentiment de légèreté l’envahissait peu à peu et Sahar chérissait avec enivrement cette nouvelle sensation. Il lui semblait que les teintes grisâtres et mornes de son existence s’évanouissaient dans l’ombre d’un monde plus lumineux, plus coloré. “ Mais je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée, je ne suis pas monté depuis....très très longtemps.”avoua-t-elle.
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Message par Eldred Kjaersen le Mar 19 Mai - 19:59

Lorsqu'il avait parlé de la relation étroite qu'il entretenait avec les armes, il avait aperçu -non sans plaisir- le sourire de Sahar s'agrandir.
Il se laissa enivrer tant de son sourire que de ses yeux si pétillants. Même ses traits semblaient s'adoucir, laissant découvrir un visage beaucoup plus doux.

- J'étais forgeron. Chez moi. Ici...
Ici l'ironie du sort avait voulu que le forgeron soit marqué au fer rouge. Eldred n'avait plus pratiqué depuis. Dyonis lui-même ignorait sans doute son talent caché. Il s'était souvent demandé comment il aurait pu améliorer ses prothèses mais n'avait pour le moment pas trouver d'idées satisfaisante.

Il constata que ses prunelles s'étaient embrasées tout autant que ses joues. Il n'avait jamais fait autant d'effet à une femme en parlant de forge et d'escrime. Mais c'était sans doute car elle en ignorait le caractère chronophage et addictif.

Il ne put s'empêcher de penser tout haut mi-amusé:

- Vous auriez dû naître à Zakros si parler d'armes vous fait cet effet là. Si vous voulez me remercier, profitez simplement de votre vie.

Elle paraissait si déstabilisée qu'Eldred préféra détourner un instant le regard afin de lui laisser le temps de se remettre de ses émotions.
Il tira ensuite légèrement sur la bride tout  en s'arrêtant afin de lui proposer de la monter si le cœur lui en disait.

- Ne vous en faites pas, je tiendrai la bride. Et nous irons au pas dans un premier temps. Ensuite si vous êtes à l'aise et que vous le souhaitez, je pourrais monter derrière vous.

Elle avait beau s'ouvrir peu à peu, il n'avait pas encore suffisamment confiance en elle pour lui laissa l'animal entièrement. D'autant plus quand celui-ci valait une belle petite fortune. Sans parler du fait que l'équidé était pour le moins nerveux. Mais qui sait ce serait sans doute le moment idéal pour apprendre à lâcher prise...
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Message par Sahar le Mer 20 Mai - 1:00

L’accalmie dans son esprit, pourtant ordinairement en proie à de nombreuses tempêtes, l’entraînait à s’exprimer avec spontanéité. Pendant un court instant, la demoiselle avait oublié que l’homme à ses côtés était un esclave, privé de sa liberté. Oubli que le guerrier fit habilement remarquer tandis qu’il évoquait l’ombre d’un détail de sa vie, lorsqu’il était forgeron, lorsqu’il n’avait pas été encore réduit à l’esclavage. Traîné, devenant plus misérable encore que la poussière qui jouit de sa liberté, vendu au plus offrant. La demoiselle voulu lui demander pourquoi il ne s’était pas encore fui. Son maître semblait lui offrir une grande indépendance. Pourquoi demeurait en un lieu, où l’on est enchaîné, si ce n’est matériellement, définitivement moralement ? Mais la jeune femme se ravisa et préféra garder cette question pour plus tard.

Leur conversation, qui allégeait le cœur de Sahar, prit un tout autre tournant.
La douleur s’évapora, chassée par un échange malicieux. Échange qui ne manquait pas de déstabiliser la jeune femme, incapable de cacher son embarras, embarras qui devait être incrusté sur son visage ordinairement aussi froid que le marbre.


“ Ce ne sont pas les armes qui me....peu importe.commença-t-elle bien trop rapidement, un peu sur la défensive, une étincelle de malice au coeur de ses pupilles, un sourire imprégné sur son visage. Mais lorsque la demoiselle prit conscience de ce qu’elle s’apprêtait à insinuer, elle ferma aussitôt cette bouche décidément trop bavarde. Et décidément trop maladroite. Sahar pria intérieurement pour que le sens de ses mots demeure vaporeux. La jeune femme s’efforça de reprendre son air détaché, bien qu’il sonnait faux. Stagnait dans ses yeux, un éclat d’amusement qui se montrait difficile à éteindre.

Pourtant, son visage s’était refermé légèrement. Profiter de la vie, était à ses yeux, une tâche qui lui était dépourvu de toute signification.
Elle hocha la tête. “ Très bien, je songerais à profiter de la vie dans ce cas.” un mensonge, enrobé par un sourire délicat et un regard pétillant. Sahar se doutait que le guerrier emporterait avec lui ce sentiment de légèreté qui l’étreignait. Il emporterait avec lui les quelques couleurs, pour laisser dans son sillage, des teintes mornes et sombres. Et la demoiselle se camouflera derrière un masque de glace, haïssant l’idée qu’un étranger ait pu détenir un tel pouvoir sur son esprit.

“ D’accord, cela me convient.” répondit-elle à sa proposition.La jeune femme s’approcha de la jument, lui effleura l’encolure avec délicatesse. Elle aperçut le regard audacieux, flamboyant, presque malicieux, du cheval qui apaisa, plus qu’il n’effraya, la vagabonde. Un pied a l’étrier. Elle se hissa doucement sur le dos de la jument et se sentit aussitôt à son aise. La nervosité du destrier lui rappelait vaguement son propre caractère lorsqu’elle n’était qu’une enfant, trépidante d’énergie et une véritable boule de nerfs. Ses lèvres s'étiraient en un sourire qui trahissait sa joie. Loin d’être angoissée, la jeune femme se sentit assez sereine pour considérer que le guerrier n'était pas obligé de marcher à ses côtés.“ Vous pouvez monter maintenant si vous le désirez, à condition que vous me laissiez tenir un peu les rênes.”
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Message par Eldred Kjaersen le Ven 22 Mai - 10:08

Ce ne sont pas les armes qui me....peu importe. s'interrompit-elle soudainement.
Eldred afficha un visage aussi surpris qu'amusé.

Vraiment et qu'est-ce donc qui vous intéresse tant dans ce cas? faillit-il lui rétorquer moqueusement. Mais il jugea préférable de garder ses réflexions pour lui même, de crainte de l'assaillir d'une vague de gêne supplémentaire.

Il préféra à la place, lui proposer de monter sur la belle jument du baron de Frenn. Elle accepta finalement à son grand plaisir. Sahar prit contact avec l'animal tandis que le zakrotien lui caressait lentement le chanfrein en lui murmurant quelques paroles réconfortantes dans sa langue maternelle. Son oeil avait beau être vif et nerveux à en apercevoir le blanc, elle resta immobile lorsque la jeune femme prit place sur son dos.

- Tout va bien? demanda Eldred en se tourna vers la jeune femme qui s'ouvrait peu à peu.

Rassuré, il claqua de la langue et l'animal se mit à marcher à ses côtés de sa démarche chaloupée. Ils n'avaient fait qu'une petite dizaine de mètres que la voix de la cavalière l'interpella. Il se retourna, constatant par la même occasion cette immense sourire aussi spontané qu'improbable qui s'étira sur son visage désormais si doux.

Par Freyja... Ce qu'elle peut-être belle ainsi

Il en eut du mal à quitter son regard et à lui répondre. Ses pensées chevauchaient librement loin d'ici et son cœur présent plus que de raison le ramena soudainement à la réalité.

- Très bien, faisons cela. Je vous laisserai les rênes un peu plus tard.

Il les lui tendit, le temps de se hisser sur  la croupe de l'animal, juste derrière elle. Il glissa ses bras le long de son corps, récupérant les rênes afin de diriger l'animal, vers un sentier un peu plus large de sa connaissance.

- Tenez-vous à ses crins. Nous allons changer d'allure. Un petit galop lent pour commencer et tester votre équilibre. Vous êtes prête?

Ses larges mains relachèrent les brides alors qu'il talonna la jument qui s'envola dans un léger galop coulé. Eldred adorait se sentiment de liberté lorsqu'il galopait, l'air frais lui fouettant le visage. Ce matin là, il avait chance de partager ce moment et de pouvoir en plus sentir les cheveux de Sahar le chatouiller.

- Comment vous vous sentez?

Sur ce petit chemin de terre, des mottes de terre quittait les sabots à chaque nouveau pas, les envoyer voler un peu plus loin. Elle avait redressé sa queue, tel un fanion au vent, dans cet inimitable posture que seul les races orientales possédaient et qui leur conféraient cette élégance hors norme. Eldred en profita pour constater le travail du Maréchal-ferrant: tout semblait parfaitement en ordre et l'équidé bien plus à l'aise qu'à son départ de Frenn.
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Message par Sahar le Sam 23 Mai - 14:23

À chacun des pas de la jument, Sahar pouvait sentir les muscles du cheval roulaient tranquillement, apportant un peu de calme dans le coeur de la vagabonde. Son esprit était à mille lieux de là, abandonné dans une époque lointaine et révolue où Sahar n’était qu’une fillette au regard et sourire innocents. “ Oui, tout va bien.” répondit-elle, rayonnante, se sentant étrangement à son aise. Finalement, elle proposa au guerrier de grimper à son tour sur le dos de la jument, sourire aux lèvres, les traits détendus, ne réalisant que trop tard ce que sa proposition impliquait. Aucunement familiarisé et loin d’être habituée à partager une telle proximité avec un homme, Sahar sentit ses muscles se tendre lorsque le guerrier effleura ses côtés pour récupérer les rênes. Ses bras puissants entouraient son corps et la demoiselle pouvait sentir son souffle caressait doucement sa nuque. Elle pinça ses lèvres, abandonnant à contre cœur le contrôle de leur monture.  

La demoiselle redressa le menton, priant pour que ses joues pourpres restent en dehors du champ de vision de l’esclave. Elle se contenta d’opiner de la tête, incapable d’émettre le moindre son pour répondre à sa question. Porté par le rythme des foulées, le vent s’engouffrant avec légèreté contre son visage, son sourire s’envolait emporté par les bourrasques, tandis que Sahar goûtait à ce semblant de liberté. Le temps d’un galop, la demoiselle oublia ses tourments, abandonna ses peurs les plus profondes. Bercée par la cadence de la jument, Sahar désertait les méandres de son âme. C’était comme remontée à la surface et inspirer une grande bouffée d’air. C’était revenir un peu à la vie, s’éloigner de la mort et de la terreur. Un sourire timide se logea sur ses lèvres tandis que la demoiselle cherchait ses mots.

“ Je me sens bien. Merci Eldred.”répondit-elle, la tête légèrement tournée pour que sa voix ne se perde pas dans le sifflement de la brise. Sahar ne le remerciait pas uniquement pour s’être enquis de ses états d’âme. Elle remerciait le guerrier pour tout ce qu’elle éprouvait à cet instant. Ses doigts, accrochées à la crinière, s’étaient furtivement dirigés vers les rênes, frôlant les mains du guerrier. “ Êtes-vous décidé à me laisser les rênes ou craignez-vous que je perde le contrôle ?” demanda-t-elle avec fougue, un brin malicieuse et impatiente de diriger la jument. “ Vous pouvez toujours garder vos mains près des miennes, si cela vous rassure...ainsi, vous serez prêt à intervenir rapidement.” se hasarda-t-elle, cherchant les mots exacts pour convaincre le grand guerrier.
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Message par Eldred Kjaersen le Lun 25 Mai - 19:12

Il était toujours étonnant de constater à quel point les personnes pouvaient se montrer différentes en présence d'un animal. Qui plus est lorsqu'il s'agissait visiblement d'une passion secrète. Eldred était heureux de pouvoir lui offrir ce maigre présent qu'était ce moment de félicité partagé. Il pouvait sentir ses noires pensées s'envoler un peu plus loin à chaque foulée.

- Vous avez plutôt bon équilibre, je dois le reconnaître. lança-t-il alors que l'air lui fouettait toujours le visage.

- Je vais vous laisser les rênes n'ayez crainte.

Il allait lui tendre les brides lorsqu'il aperçut un tronc couché en travers au détour du chemin. Il aurait sans doute était plus sage de stopper la course mais le zakrotien était joueur.

- Accrochez vous fortement aux crins, on va sauter. annonça-t-il rapidement.

Et quelques secondes plus tard, la jument prenait appuie, il accompagna le saut, son corps se penchant vers l'avant, de même que ses bras qu'il resserra autour de Sahar afin de l'assurer. Il avait lui même du serrer les cuisses autour de l'abdomen de l'animal afin de maintenir son équilibre. L'espace d'un instant, il se retrouvèrent suspendus en l'air. Ultime moment de liberté avant que le sabot ne heurte le sol meuble de la forêt et que la course ne reprenne.

L'ancien guerrier exultait. Rien ne lui faisait plus plaisir que de pouvoir galoper ainsi dans la nature. Un rire s'échappa de sa cage thoracique alors qu'il tirait doucement sur le mors afin de faire ralentir l'animal.

- Tout va bien? Vous n'avez pas eu peur? Tenez, prenez-les. lui dit-il tout en lui tendant les lanières de cuirs élégamment surpiquées.

Sa main gauche glissa, attrapant un touffe de la rêche crinière. De son autre main, il tapota vigoureusement l'encolure de la jument.
- Soyez souple dans leur prise. C'est un animal nerveux qui nécessite un grand calme.

Une façon comme une autre de lui signaler que ses démons devaient rester sous contrôle. On ne trompait pas si facilement un cheval. La pression des doigts autour des rênes, la tension des bras et du reste du corps... Elle n'avait pas besoin de voir son cavalier ou même de lui parler pour savoir de quelles chaires il était fait.
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Message par Sahar le Jeu 28 Mai - 15:58

Le bruissement des feuilles et le gazouillis des oiseaux se mariaient au martèlement des sabots de la jument contre la terre ferme du bois. Une myriade de bruits différents caressait les oreilles de Sahar qui s’en délectait. Il lui semblait que la réalité du monde se dissipait dans le vent. Son coeur flottait nonchalamment dans sa poitrine, saisissant cette occasion pour délester le poids de sa vengeance qui l’étouffait sans cesse. La remarque du guerrier concernant son équilibre lui arracha un large sourire. La vagabonde apprenait vite et l’absence de toutes peurs ne lui permettait pas d’être influencée par ces dernières. “ Vous ne vous débrouillez pas trop mal non plus.” répondit-elle, le timbre de voix teinté de malice.

Mais son sourire s’envola aussitôt lorsque l’esclave dirigea la jument vers un tronc gisant au sol. “ Je ne crois pas q…”mais ses mots se perdirent dans le sifflement du vent. Ses mains glissèrent aussitôt vers la crinière pour ne pas entraver le mouvement de la jument. Durant un court instant, Sahar eut cette étrange impression d’avoir des ailes, d’être un oiseau planant au-dessus de la forêt. Ses bras se détendaient complètement tandis que l’entièreté de son abdomen se contracta pour ne pas nuire à l’équilibre du cheval. Les antérieurs se reposèrent avec délicatesse sur le sable, suivit des postérieurs, puis la course reprit. Dans son dos, l’esclaffement du guerrier lui parvenait. Les lèvres de la vagabonde s’étirèrent en un large sourire. Aussi, son rire limpide se mêla à celui d’Eldred.

“ J’ai été surprise mais... C’était formidable.avoua-t-elle, les joues légèrement rosée. Pour son plus grand bonheur, le guerrier lui offrit les rênes, non sans sous-entendre que Sahar se devait d’abandonner son impétuosité pour ne pas agacer la jument. Sahar le remercia et s’empara du cuir avec douceur, se rappelant mot pour mot ce que lui avait expliqué sa mère sur les chevaux trop fougueux. Plus ils se sentaient enfermés, plus leur désir de liberté était grand. La pression de ses doigts autour des rênes se détendit pour abandonner un peu de lest. Avec peu de contacts sur le mors, la jument étendit son encolure et la vagabonde posa ses mains, qui détenaient le bout des rênes, sur le garrot. Son coeur s’agita un court instant, appréhendant la réaction du cheval. Mais celui-ci se contenta de longer le chemin, se déplaçant avec célérité et impatience. Un comportement qui faisait étrangement écho au caractère de la jeune vagabonde.

Sahar leva les yeux à la seconde où une goutte de pluie s’écrasa sur son nez. De sombres nuages noirs s’étaient amoncelés dans le ciel, le vent s’était levé, la pluie se faisait imminente. “ Nous allons nous prendre une averse…commença-t-elle avec détachement, ne redoutant pas une seule seconde le déluge d’eau qui allait s’abattre prochainement sur eux. “ Préférez vous faire demi-tours et trouver un abri pour attendre que cela passe ?”
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Message par Eldred Kjaersen le Jeu 28 Mai - 20:46

Il étouffa un petit rire lorsqu'elle lui retourna le compliment. Il avait l'habitude de s'occuper des chevaux et pouvait désormais les monter régulièrement grâce à la confiance que lui témoignait Dyonis. Il n'arrivait toujours pas à se faire à l'idée d'emprunter ses quelques papiers... Il avait dû se convaincre qu'il volait l'Etat et le système en place plutôt que le baron lui-même...

Ils galopèrent jusqu'au tronc couché en travers. C'est vrai c'était osé de lui faire sauter cela à sa première chevauché mais Eldred avait toujours eu ce petit brin de folie -mais toujours calculé-. Oh Sahar tenta bien de contester son choix mais à vrai dire il était déjà trop tard et la jument s'envola l'espace de quelques secondes, avant d'atterrir avec souplesse sur sol forestier. Eldred lâcha un grand éclat de rire qui à sa plus grande joie fût repris par la jeune femme. Ce qu'il aurait aimé voir son visage ainsi! Il pouvait imaginer l'étincelle dans ses yeux rieurs, ses fines lèvres se retrousser pour découvrir ses dents. Peut-être même que ses joues en avait rosies.

- Je suis vraiment ravie que vous ayez apprécié cet imprévu. C'était un peu osé j'en conviens. lui répondit-il tout en lui tendant les rênes.

Il lui rappela l'importance d'être détendu en présence de l'animal. La moindre tension pouvait en effet la contrarier et il s'abstint de lui préciser que dans le pire des cas ils pourraient se retrouver par terre ou pris dans une embardée... Contre tout attente, elle sut faire preuve de calme. Elle était décidément pleine de ressources...

Le zakrotien se prit à rêver à la multitude autres facettes qu'il pourrait découvrir sous son apparente froide colère. Il se laissa porter par le rythme de l'animal et ne remarqua le changement météorologique que lorsqu'elle lui fit.remarquer. A son tour, il leva les yeux  et constata l'imminence de la pluie.

- La pluie ne me dérange pas outre mesure mais, elle n'aime pas beaucoup cela. Cela l'agace et la rend encore plus nerveuse.

Comme pour appuyer ses dires, elle secoua violemment la tête, faisant voler sa crinière. Il se pencha légèrement en avant,  touchant par la même occasion le dos de la jeune femme alors qu'il tendait une main le long de l'encolure rousse de la jument.

- Nous allons chercher un abri le temps que l'averse passe. Il y a peut-être une grotte ou que sais-je dans le coin?

Il avança légèrement son pied gauche et la monture effectua un demi-tour sur sa droite avant de partir sur un petit galop. Quelques gouttes éparses commençaient déjà tomber par intermittence.
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Message par Sahar le Sam 30 Mai - 15:14

Au milieu des bois, sous le regard des arbres comme seuls témoins, leurs rires se mélangèrent et Sahar s’abandonna entièrement au bonheur qu’elle éprouvait. Bonheur que la vagabonde devait uniquement à l’esclave, son côté malicieux dévoilait une nouvelle facette de la demoiselle. Une certaine insouciance, qui semblait être morte depuis tant d’années. Les bras du guerrier encerclant son corps, Sahar se sentait à son aise, les palpitations de son coeur s’étaient apaisées. Sa voix résonna dans son dos, proche de son oreille, et un frisson traversa son corps. “ Rassurez vous, il en faut plus pour m’effrayer.”répondit-elle, un sourire dessiné sur les lèvres.

Sahar s’empara des rênes avec délicatesse, portant un intérêt réel pour les mots du guerrier. La vagabonde s’imagina détenir une feuille entre ses doigts, une feuille qui s’effriterait au moindre mouvement, une feuille qui s’envolerait au moindre geste. Aussi, la demoiselle perçut l’absence du soleil en jetant un regard en direction du ciel, devenu un manteau de nuages aux différentes teintes grisâtres. Une goutte de pluie vint s’écraser sur le bout de son nez et la jeune femme demanda au guerrier ce qu’il préférait, éviter ou affronter la pluie. Ce à quoi le guerrier répondit que la pluie ne l’ennuyait pas réellement, à l’instar de la jument qui n’en était pas friande. La demoiselle se figea presque imperceptiblement, lorsqu’elle sentit la main du guerrier effleurer son dos. “ Oui, j’imagine qu’il y a bien un abri dans les environs...” se hasarda-t-elle. Si la vagabonde connaissait les moindres recoins de la ville, dans la forêt, Sahar perdait facilement son sens de l’orientation.

“ Là bas, il me semble en apercevoir un...”lança-t-elle en montrant du doigt le promontoire qui se trouvait non loin d’eux. Malgré l’étroitesse du lieu, la pierre leur offrirait un toit le temps que l’averse s’apaise. La force de la pluie s’intensifia et bientôt, la vagabonde sentit l’eau traversait le tissu de ses vêtements. C’est l’humidité pénétrant ses os, que la demoiselle se laissa glisser avec douceur de la jument pour retomber lentement sur le sol. La vagabonde effleura l’encolure de la jument. “ ce n’est pas trop mal.”Sahar s’adossa contre la paroi rocheuse, les bras croisés sur sa poitrine et le regard perdu dans l’immensité de la forêt. Son visage était barbouillé de goutte d’eau tandis que de nombreuses mèches de cheveux s’échappaient de sa tresse ébouriffée.

Ses yeux, attirés inlassablement par la présence de cet homme, glissèrent vers le guerrier, détaillant de nouveau les traits de son visage, la prestance de son apparence, la force émanant de sa carrure. Sahar songea un instant à sa propre allure. Plutôt négligés, les cheveux éternellement décoiffés, des habits d’hommes camouflant maladroitement sa silhouette féminine. Si Eldred correspondait à l’image d’un combattant, la vagabonde elle, ne ressemblait en rien aux femmes monbriniennes. La sensation de ses bras autour de son corps lui revint en mémoire, et la jeune femme s’empressa de sortir sa lame pour frotter un semblant de poussière, maudissant intérieurement ses joues pour s’être empourprées sans aucune raison.

“ L’averse risque de durer un petit moment...j’espère que cela ne vous dérange pas, vous n’avez aucun horaire à respecter ? Pas d’impératifs ? ”demanda-t-elle, d’une voix détachée, presque monotone, bien qu’il ne suffît que d’un souffle léger pour dévoiler de nouveau son côté plus chaleureux et plus malicieux.

_________________


    I fear no hell from you
    I have licked the fire and danced in the ashes of every bridge I ever burned. I fear no hell from you. « She has been through hell. So believe me when I say, fear her when she looks into a fire and smile.  »
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