Le deal à ne pas rater :
Valise rigide à roulettes pivotantes AmazonBasics – 68 cm
45.14 €
Voir le deal

[15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))

Aller en bas

[15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Empty [15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))

Message par Sahar le Mar 5 Mai - 11:19

Cet après-midi-là, le ciel était recouvert d’un voile grisâtre. Le soleil se cachait derrière le drap de nuage, quelques rayons osaient le traverser. Le vent frais glaçait le visage de la demoiselle, dont les joues s’empourpraient. Sahar progressait dans les ruelles, sans vraiment savoir précisément ce qu’elle recherchait. Peut-être de quoi combler le creux dans son estomac, ou peut-être des vêtements plus chauds, ou encore un nouveau couteau si la chance lui souriait. La lame n’était plus que l’ombre d’elle-même, aussi devenait-elle inutile pour la vagabonde dont la condition sociale la contraignait à se servir régulièrement d’une dague. Avant que l’hiver pointe le bout de son nez, renouveler quelques vêtements se montrait être primordial. Avec la venue du froid, Sahar ne pouvait se permettre de vagabonder avec quelques minces tissus pour se protéger du vent mordant qui, en ce mois de novembre, cinglait déjà son visage et craquelait ses lèvres.

À chaque nouvelle journée, Sahar s’obstinait à chercher ce qu’elle désirait. En vain. La jeune femme s’obligeait à être discrète et les quelques objets à sa portée, attireraient bien trop l’attention sur elle si jamais ils venaient à être dérobés. Mais la vagabonde ne baissait pas les bras. Sahar chérissait l’espoir qu’une opportunité s’offrirait à elle. Elle s’accrochait à cet espoir, comme un bateau à son ancre lors d’un orage trop impétueux. Parfois, il lui arrivait de regretter sa vie auprès du vieillard. Son corps en portait encore quelques discrets stigmates mais Sahar avait un toit sur la tête, ainsi qu’un repas chaque jour. Puis dans son esprit, l’image d’Icare apparut. À sa manière, il avait rendu sa vie plus agréable, un sourire de sa part et Sahar en oubliait sa tristesse. Il était cette famille dont la vie, non, le royaume, lui avait arraché de ses bras enfantins. Mais Icare était parti, le vide dans sa poitrine était réapparu. Aujourd’hui, le vide se creusait peu à peu, comme ses joues au fil de l’hiver.

Sahar emprunta une ruelle étroite peu animée, en comparaison à l’agitation de la grande place. Il y avait bien quelques passants, mais ils se faisaient rares dans cette partie de la ville. Aussi, la demoiselle marchait en scrutant les alentours, cherchant inconsciemment un abri en cas d’averse. Les nuages se montraient plus menaçants, ce qui ne rassurait pas la jeune femme peu enchantée à l’idée de se retrouver sous la pluie. Traversa dans son champ de vision, un visage qui lui parut...familier ? Pas familier, mais elle connaissait cette figure. Sahar fronça les sourcils, essayant de se remémorer où avait-elle pu le croiser.

Ses traits ne la trompaient pas. C’était bien ce visage qu’elle apercevait de nombreuses fois, inscrit sur des affiches de recherche, placardé sur les murs. Un sourire se glissa sur ses lèvres, un rictus dénué de toute sympathie. Oh, elle avait bien une idée qui lui trottait dans la tête, Sahar. Mais la demoiselle ne devait pas se précipiter, aussi devait-elle d’abord s’assurer qu’il était bien le recherché en question. La jeune femme fit demi-tour, le sourire envolé, et s’approcha de la silhouette.“ Eh !”lança-t-elle, avant de tapoter son épaule de manière légèrement brutale, pour l’arrêter. “ Es-tu celui que l’on recherche ? ” Demanda-t-elle brusquement, la délicatesse n’ayant jamais été son point fort. “ Il me semble avoir vu ton visage, sur une affiche.”
Sahar
Sahar

Messages : 48
Date d'inscription : 30/04/2020

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Empty Re: [15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))

Message par Sylvère d'Aiguemorte le Mar 5 Mai - 19:28

Sylvère était sorti de sa tannière par ce jour froid de novembre. Non pas pour voler ou avec quelques mauvaises attentions, pour une fois, mais pour se ravitailler. On approchait de l'hiver à grand pas, et les ressources naturelles de la forêt commençaient à se faire plus rares. En un mot, il avait faim.

Alors le voilà de sortie en ville, pour se trouver quelque chose à se mettre sous la dent - honnêtement, en payant, comme une petite paysanne pouvait le faire. Bon, certes, c'était l'argent des autres, les vêtements des autres aussi, mais tout cela était en sa possession, désormais.

Depuis la première apparition de Sylvia, il s'était amélioré. C'était plus facile de faire la jeune femme innocente quand vous aviez pas un prétendu époux dans les pattes pour vous donner tous les surnoms possibles et imaginables, et qui riait au moindre de vos gestes. Dans tous les cas, il n'avait qu'à rendre sa voix davantage fluette et de prétendre à un rhume pour expliquer sa voix encore un peu trop grave et le tour était joué. Les marchands plongeaient tête la première dans son piège. Et lui, il se faisait un malin plaisir à leur faire les yeux doux tout en imaginant leur tête s'ils savaient ce qui se cachait en réalité sous la robe...

Par prudence, il avait caché une de ses dagues dans sa manche, là où elle ne pouvait pas paraître. Ne savait-on jamais ! Il ne faudrait pas que quelqu'un essaye d'attenter à son intimité de paysanne !

En tout cas, il avait fini sa venue en ville, et il avait à son goût suffisamment de quoi se mettre sous la dent tout de suite. Et puis, il avait tout de même hâte de retrouver son manteau tout pelé, parce que sans, il devait reconnaître qu'il avait un peu froid tout de même.

Il s'était engagé dans les ruelles plus isolées pour regagner sa forêt - de fait, il cultivait un peu moins son apparence de jeune paysanne innocente puisqu'il n'y avait personne en vue... Enfin, personne en vue. Il comprit son erreur quand il entendit une voix dans son dos et qu'une main se posa sur son épaule pour l'arrêter. Mais davantage encore quand les mots qui suivirent résonnèrent à son oreille :

- Es-tu celui que l’on recherche ? Il me semble avoir vu ton visage, sur une affiche.

Son visage sur une affiche ? Il n'y avait que cela, partout. Dans tous les cas, il supposait que c'était inutile de la prendre pour une imbécile alors il préféra se retourner en lui souriant, en abandonnant son rôle de paysanne même s'il lui restait le déguisement :

- Je suis donc si connu que cela ?

C'était parfaitement ironique et d'ailleurs, il n'attendit pas la réponse avait de ré-enchaîner - en laissant tomber sa dague de sa manche et en la retournant contre les côtes de son interlocutrice :

- Je ne suis pas venu pour chercher des problèmes, mademoiselle.
Sylvère d'Aiguemorte
Sylvère d'Aiguemorte
Brigand et roi de la forêt

Messages : 206
Date d'inscription : 17/03/2020
Localisation : Dans la forêt d'Aiguemorte

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Empty Re: [15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))

Message par Sahar le Sam 9 Mai - 16:16

C’était bien son visage, que Sahar avait aperçu sur une affiche, tandis que la jeune femme dévorait un fruit, assise sur des marches d’escalier, quelques jours plus tôt. S’il avait essayé de la convaincre qu’elle le confondait certainement avec un autre, leur proximité soudaine offrait à Sahar la réponse à sa question. C’était bien le voleur que l’on recherchait dans la capitale. Pour son plus grand bonheur, Sahar venait de tomber sur une belle opportunité. Elle demeura immobile, pas un mouvement pour se dérober à l’arme glissée contre ses côtes. Le jeune homme, qui s’évertuait à se camoufler derrière un masque de femme, ne lui apparaissait pas comme un danger. Pourtant, la demoiselle ne voulait prendre aucun risque, ne connaissant que trop bien la spontanéité de certains esprits.

Il lui paraissait inoffensif, se doutant certainement que si le voleur avait voulu la blesser, il l’aurait fait avant de s’enfuir en courant. Mais Sahar était impulsive, peut-être trop. Ses gestes, elle les esquissait sans réfléchir aux conséquences. Son poing s’abattit brusquement sur sa joue et la jeune femme crut sentir ses doigts se brisaient sous l’impact. Elle grimaça légèrement, ce n’était pas la première fois que Sahar frappait un homme, mais la douleur demeurait la même. “ Crois l'ou non, je ne suis pas venu chercher les problèmes non plus.”assura-t-elle, malgré son regard de serpent, qui insinuait probablement le contraire. Elle ne venait peut-être pas pour chercher les ennuis, mais sa patience était extrêmement limitée et la vagabonde n’appréciait pas d’avoir une arme braquée contre ses côtes. Sahar se recula vivement, ne quittant pas des yeux le voleur, les bras dorénavant croisés sur sa poitrine. “ J’aimerais te proposer un marché. ” Elle le toisait froidement, plantant sur lui son regard tranchant.

Sahar réfléchissait, essayant de trouver ce qui était le plus raisonnable à ses yeux. Que pouvait-il bien lui offrir le voleur, en échange de sa liberté ? C’était là une question qui taraudait l’esprit de la demoiselle. Son allure prouvait qu’il ne semblait pas subir sa condition sociale et ses vêtements montraient qu’il avait certaines ressources en sa possession. Choses que Sahar ne possédait pas.“ Je veux un toit et de la nourriture, pour cet hiver uniquement. En échange, je ne te dénoncerais pas aux autorités.” vivre avec un autre individu ne lui plaisait pas. Mais avait-elle réellement le choix ? L’hiver devenait plus froid à chaque nouvelle année et la vie durant cette période devenait plus pénible. Les granges ne suffiraient plus, la nourriture volée ne suffirait plus, ses vêtements ne suffiraient plus. La vagabonde avait besoin d'un toit permanent au dessus de sa petit tête pour affronter le froid hivernal.

_________________


    I fear no hell from you
    I have licked the fire and danced in the ashes of every bridge I ever burned. I fear no hell from you. « She has been through hell. So believe me when I say, fear her when she looks into a fire and smile.  »
Sahar
Sahar

Messages : 48
Date d'inscription : 30/04/2020

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Empty Re: [15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))

Message par Sylvère d'Aiguemorte le Sam 9 Mai - 19:07

Elle n'était pas venue chercher les problèmes.

Ah ouais ? Ce n'était pourtant pas ce qu'il aurait dit, lui. Pas alors qu'elle venait de le frapper assez fort pour lui déboîter la mâchoire ! Bon sang, mais ça faisait un mal de chien ! Si elle n'en avait pas voulu, de problèmes, elle l'aurait laissé partir, tout simplement. Mais là, elle avait quelque chose en tête et il n'aimait pas vraiment. Quoique ce soit.

Il avala sa salive en se redressant, et attendit d'en savoir plus sur ce fameux marché qu'elle voulait lui proposer. Il jeta un regard aux alentours pour vérifier que personne ne pouvait les voir. Il n'aurait plus manqué que cela. Que quelqu'un insiste à tout cela. La catastrophe.

Sylvère soutint son regard sans broncher, même si c'était surtout pour ne pas céder jusqu'au bout. Parce qu'il savait – comme elle le savait aussi pertinemment, d'ailleurs – qu'elle était en position de force. Clairement. Qu'elle avait pour ainsi dire gagner gain de cause sans même avoir besoin de proposer. En fait, rien qu'à l'idée de ce qui pouvait se passer, il avait une boule dans la gorge. Oh non, il n'était pas rassuré du tout mais pour rien au monde il ne l'aurait reconnu.

Et puis, la sentence tomba.

Enfin, sentence... C'était vite dit, peut-être. Mais elle ne semblait pas tellement ouverte à la discussion. En un mot, il n'avait pas le choix.

- Je veux un toit et de la nourriture, pour cet hiver uniquement. En échange, je ne te dénoncerai pas aux autorités.

Ou comment dire autrement : abrite-moi ou considère que tu es mort. Vu sous cet angle, le choix était vite fait. Il n'avait aucune envie de mourir aujourd'hui – il n'avait jamais que 25 ans ! - mais c'était certainement ce qui lui arriverait si cette jeune femme mettait sa menace à exécution.

Ce fut avant tout pour cette raison, parce que traîner en longueur ne servirait à rien sinon à aggrandir encore le danger, qu'il répondit entre ses dents :

- Si tu n'as pas peur de vivre dans une grotte.

Un oui, en soi. Un peu froid, mais bon. Il n'allait pas l'accueillir les bras ouverts non plus ! Il en avait encore mal dans la mâchoire !

Il serra les dents. Et le pire... le pire, dans cette histoire, c'était que pour une fois dans sa vie, il était venu à la capitale sans mauvaises intentions ! Juste de quoi se mettre sous la dent. Et c'était là que les problèmes lui tombaient sur le coin du nez !

La vie avait le pouvoir de vous faire payer les choses quand vous vous y attendiez le moins...
Sylvère d'Aiguemorte
Sylvère d'Aiguemorte
Brigand et roi de la forêt

Messages : 206
Date d'inscription : 17/03/2020
Localisation : Dans la forêt d'Aiguemorte

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Empty Re: [15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))

Message par Sahar le Dim 10 Mai - 11:40

Sahar ne s'attendait pas à une telle rapidité de réponse. A vrai dire, elle s’était imaginée le voir détaler au plus vite. Peut-être patientait-il pour le moment opportun ? La vagabonde craignait de voir son opportunité lui filer entre les doigts. Peur de vivre dans une grotte ? Un sourire se faufila sur les lèvres demoiselle. Ce n’était pas vivre dans une grotte qui la dérangeait, mais vivre avec un autre vagabond. Même le temps d’un simple hiver, l’idée ne lui plaisait pas. Le dernier foyer qu’elle avait partagé se constituait d’un ivrogne et d’un lâche. Sahar ne gardait pas de très bons souvenirs de ce semblant de vie. Pourtant, elle devait se faire une raison la vagabonde. Cet homme, qui lui semblait avoir son âge, ne se montrait pas réellement hostile. Froid et distant, oui. Mais pouvait-elle l’en blâmer ? Sahar venait de le frapper, puis proposait sa vie en échange d’un toit. Si la vagabonde avait été à la place du voleur, elle se serait certainement jeté sur cette personne pour lui faire ravaler ses mots.

Mais il n’en fit rien. Il avait peur pour sa vie, et cela suffisait amplement à Sahar. Qu’elle le terrifie le temps d’un hiver. Le voleur réalisera bien vite que la demoiselle ne le dénoncerait pas. C’était tentant. Peut-être pourrait-elle gagner une somme d’argent assez conséquente pour lui acheter des vêtements chauds et de la nourriture. Avait-elle seulement le coeur à dénoncer cet homme, dont la seule faute était d’être dénuée de toute richesse ? Ils n’étaient pas si différents, tous les deux. Sahar en avait conscience, bien que cela ne l’empêchât pas de se montrer assez menaçante pour que le voleur la craigne. “ C’est un plaisir de faire affaire avec toi.”lança-t-elle, un rictus accroché à ses lèvres.

“ Tu vis dans la forêt ?”demanda-t-elle, d’une voix moins agressive. Son ton aurait presque pu être amical, si son regard n’était pas aussi tranchant. “ Ça me convient. Je me contenterais de peu.” Et c’était l’entière vérité. Sahar n’avait pas besoin d’un lit douillet et le confort qu’offrait une bâtisse. Elle appréciait la quiétude de la forêt. Au sein des arbres, la vagabonde se sentait presque intouchable, comme si les troncs étaient des boucliers inébranlables. “ Comme je te l’ai dit, c’est simplement pour l’hiver. Après tu seras libre de reprendre... le cours de ta vie. Je ne te dénoncerais pas, si tu respectes notre marché.” Il n’avait rien à craindre d’elle, tout simplement. Mais Sahar préférait laisser planer le doute.
Sahar
Sahar

Messages : 48
Date d'inscription : 30/04/2020

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Empty Re: [15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))

Message par Sylvère d'Aiguemorte le Dim 10 Mai - 19:36

Elle souriait et Sylvère ne savait pas comment l'interprêter. Lui, il n'avait absolument pas envie de sourire. Bon sang, mais elle n'y avait pas été doucement ! Il sentait encore l'impact du coup le brûler, comme si elle venait juste de le frapper. Alors oui, il était sans doute un peu froid mais il n'allait pas la remercier, non plus ! Après tout, elle était en train de menacer sa vie ! Elle lui proposait un marché, certes, mais il n'y avait aucun doute pour dire qui était l'avantagée.

Et puis... au fond, il ne comprenait pas vraiment. Il voyait bien sa tenue, ses cheveux, sa manière d'être tout simplement. Elle ne vivait pas légalement, elle non plus, alors elle n'aurait pas dû être son ennemie, non ? Entre voleurs, on ne se tirait pas des bâtons dans les roues. Enfin... en toute logique. Si on lui avait dit qu'un jour, on le menacerait de le livrer, il n'aurait jamais imaginé que cela puisse venir d'une voleuse ! Certes, si elle était passée sur ses terres, il lui aurait fait payer ses impôts – comme les autres. Mais tout de même ! Ils étaient censés être dans le même camp !

- C'est un plaisir de faire affaire avec toi.

Sylvère retint la grimace qui lui vint. Un plaisir... C'était loin d'être réciproque ! Elle se moquait de lui, comme si elle n'en avait pas assez de lui proposer un marché qu'il ne pouvait, de toute manière, pas refuser. Il siffla entre ses dents.

- J'habite dans la forêt, oui.

Il ne put se retenir d'ajouter, un peu sèchement :

- Et je suis ravi de savoir qu'habiter dans une grotte ne te dérange pas. De toute manière, j'ai rien de mieux à te proposer.

Ce n'était pas comme si elle avait pu exiger autre chose... Mais de toute manière, c'était toujours mieux que rien. Un toit sur la tête restait un toit. Même si c'était une grotte humide dans une forêt qui l'était tout autant.

Sylvère ne fit aucun commentaire à sa dernière remarque. Il se contenta de déclarer, toujours sans s'épandre en paroles inutiles :

- Moins je reste dans la ville et mieux je me porte. Alors on ferait mieux d'y aller.

Après tout, il ne fallait pas oublier qu'il était recherché et qu'un déguisement ne pouvait pas tout faire. La preuve était faite. Outre cela, il n'avait plus vraiment envie de traîner dans les parages. Il devait bien avouer qu'il craignait un peu que quelqu'un les ait épié dans leur conversation...

_________________

"Une personne optimiste ne refuse pas de voir le côté négatif des choses ; elle refuse de s'attarder dessus."
~ Alexander Lockhart ~


[15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Xttf [15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Img_2010
Sylvère d'Aiguemorte
Sylvère d'Aiguemorte
Brigand et roi de la forêt

Messages : 206
Date d'inscription : 17/03/2020
Localisation : Dans la forêt d'Aiguemorte

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Empty Re: [15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))

Message par Sahar le Ven 15 Mai - 9:37

Il avait le regard courroucé, le voleur. Oh, il avait certainement l’ego un peu brisé. D’avoir été frappé. D’avoir été contraint d’accepter un marché dont il en tirait aucun avantage, si ce n’est sa vie. Sahar regrettait presque de l’avoir blessé. Presque. Elle agissait sous le coup de l’impulsivité et dès lors où il avait pressé sa dague entre ses côtes, Sahar avait perdu toute lucidité et s’était aussitôt défendue pour le faire reculer. La demoiselle haussa les épaules lorsque le voleur stipula qu’il n’avait rien de mieux à lui offrir. Cela lui était égal. Un feu, au cœur d’une grotte, valait bien mieux qu’un pont au milieu des ivrognes.

Lorsque le jeune homme lui expliqua qu’il préférait rejoindre la forêt au plus vite, Sahar ne put qu'approuver d’un hochement de tête. La ville ne lui inspirait que dégoût et fureur. Hors des murs, au sein des bois, la vagabonde se sentait apaisée. Elle observa longuement le voleur, camouflé dans des habits de femmes. C’était à vrai dire un piètre déguisement. S’il préférait la quiétude de la nature à l'effervescence de la ville, c’était certainement pour limiter les chances de se faire attraper.

“ Eh, si jamais un jour tu as des ennuis en ville, je peux t’aider.”proposa-t-elle, ignorant s’il avait en avait véritablement besoin. Mais elle lui devait au moins cela, la vagabonde lui avait presque décroché la mâchoire. Aussi, lui proposer son aide semblait être la moindre des choses. Sahar marchait aux côtés du voleur, observant autour d’elle pour scruter le moindre danger. Aucun soldat en vue pour le moment, ce qui ne la rassura quelque peu. “ les déguisements ne suffisent pas toujours.” et s’il devait certainement la détester à cet instant, Sahar n’arrangeait en rien les choses.
Sahar
Sahar

Messages : 48
Date d'inscription : 30/04/2020

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Empty Re: [15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))

Message par Alexandre le Ven 15 Mai - 11:31

Alexandre avait retrouvé la capitale dans l'avant-veille et passé la journée d'hier à se reposer. Irène avait été si gentille en ne lui demandait aucune tâche. Au contraire, Cassandre passait régulièrement devant son lit, narquoise, et s'amusait à le traiter de paresseux. Il n'avait jamais répondu et se contentait de dessiner.

Aujourd'hui, Irène était partie avec Grace pour une commande et confié la boutique à Cassandre. Cassandre qui en profitait pour l’exploiter et lui donner tous les ordres qui lui passaient par la tête. Balayer, refaire les lits, ranger dans un certain ordre des pièces de cuisine, replier du linge... Son petit manège était agaçant et elle tirait une grande fierté de lui rappeler qu'elle était une fille de la famille, dixit les paroles d'Irène, et lui leur esclave.

Alexandre profitait avec joie de cette sortie que lui occasionnait les courses et espérait que la véritable maîtresse serait de retour quand lui rentrerait. Le jeune homme chevauchait le mulet que le père Thierry lui avait offert le jour de son départ pour Iswyliz. Il avait cependant réussi à glisser qu'il s'entendrait bien avec son frère, une référence stupide à son caractère entêté. Quel idiot ! Iswyliz... Le pays où vivait à présent sa mère, recluse dans un monastère à prier Dieu toute la journée. C'était une contrée campagnarde et le coin où son père devait créer une colonie s'avérait assez reculé. C'était pour cette raison qu'il était resté si peu de temps. Il n'y avait rien pour l'occuper et il fallait trop souvent faire de longues marches.

Alors qu'Alexandre songeait à sa mère recouverte à présent d'un voile, le présent revint à lui. Sa route croisait deux femmes qui marchaient d'un pas pressé. l'une d'elle paraissait contrariée. Il reconnut alors, surpris, l'épouse du paysan en béquille rencontré au Triomphe deux mois plus tôt. Il eut aussitôt un sourire immense.


"Madame ! Comme je suis bien heureux de vous voir ! Votre mari va bien ? Il n'est pas avec vous ? D'ailleurs, j'y pense ! Je ne connais pas son nom. Je vous avait donné le mien ? Moi, c'est Alexandre. Je reviens depuis peu de la colonie d'Iswyliz. Un court séjour mais très intéressant. Il n'y a que peu de choses sur ces terres, vous le saviez ? Le Roi va proposer sans nul doute à des familles de s'y installer qui auront une petite compensation. Et si vous postuliez ? Je serai ravi de vous y aider. Je connais un noble haut placé qui pourrait être sensible à votre sort. "

Il se rappela alors la présence de la seconde femme puis sourit, gêné.

"Oh, pardon ! Je parle beaucoup mais je vous oublie. Puis-je aussi connaitre votre nom ? Vous n'êtes de la famille de madame ? ou une simple amie ?"
Alexandre
Alexandre
Esclave domestique

Messages : 985
Date d'inscription : 14/10/2018
Age : 20
Localisation : Nérée

Feuille de personnage
Lien vers votre fiche personnage:

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Empty Re: [15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))

Message par Sylvère d'Aiguemorte le Lun 18 Mai - 11:48

Si jamais Sylvère avait un jour des ennuis en ville, ce ne serait certainement pas à elle qu'il irait demander en premier ! Et puis quoi, encore ? Pourrait-elle vraiment lui éviter la mort s'il se faisait attraper ? Il en doutait. Elle n'était jamais qu'une simple vagabonde, voleuse de surcroît, qui risquait exactement la même punition que lui si elle se faisait prendre. Et Sylvère était bien placé pour savoir que la solidarité n'existait pas vraiment dans le milieu. Il y avait fort à parier qu'entre lui et sa survie, elle préférerait priviligier la deuxième. Question de logique. Elle pouvait bien lui faire croire le contraire si elle voulait, il n'allait pas tomber dans le panneau si facilement.

Mais bon, il le nota dans un coin de sa tête tout de même : ne savait-on jamais. Si elle était si prête à lui venir en aide, elle pourrait peut-être aller en ville à sa place. Après tout, c'était aussi le principe de la cohabitation et il devait reconnaître une chose : les déguisements ne pouvaient pas fonctionnaient à chaque fois. La preuve, puisqu'elle l'avait reconnu.

Il allait répondre quand soudain :

- Madame !

Sylvère se retourna, surpris. Naturellement, il pensa d'abord que c'était à sa soi-disante nouvelle complice que cette voix s'adressait mais il dut vite se rendre à l'évidence. C'était bien lui que le jeune homme regardait. Et pour cause, c'était celui-ci même qu'Hyriel et lui avaient croisé au triomphe et qui s'était extasié sur leur couple amoureux. Il ne manquait plus que lui, génial !

En attendant, il allait falloir la jouer fine. Mais quelles emmerdes, cette ville, bon sang ! Ce ne devait pas être son jour.

- Comme je suis bien heureux de vous voir ! Votre mari va bien ? Il n'est pas avec vous ?

Et ni une, ni deux, voilà le jeune Alexandre parti dans un discours dont, tout à fait entre nous, Sylvère se fichait totalement. Mais pas Sylvia et il devait donner le change pour son rôle. Au moins un avantage, son petit monologue lui permit une chose : réfléchir à comment il allait gérer la situation, entre l'une qui connaissait sa véritable identité et le deuxième qui était persuadé d'avoir affaire à la femme d'un handicapé. Il était dans de beaux draps, tiens ! Toujours était-il qu'il savait comment faire quand Alexandre termina :

- Oh, pardon ! Je parle beaucoup mais je vous oublie.

Il eut un sourire – un peu timide – et répondit en jetant au préalable un coup d'oeil à la jeune vagabonde, pour lui faire comprendre de ne rien dire et de, surtout, garder le silence pour le moment :

- Je vous remercie de votre soutien, c'est très touchant. Mon mari va bien, mais il est resté chez nous. Je fais les courses seule, comme vous pouvez le voir.

Pour illustrer ses propos, il désigna les achats qu'il avait fait – principalement à manger – avant d'enchaîner aussitôt sans laisser le temps ni à l'un, ni à l'autre de reprendre :

- Avec ses jambes, vous voyez ? Mais je suis sûre que vous comprenez, vous... Ce n'est pas facile tous les jours, n'est-ce pas ? Surtout en hiver, l'humidité le rend douloureux.

Toujours sans leur laisser le temps de répondre, il reprit, cette fois-ci pour justifier sa voix encore un peu trop grave en se râclant la gorge, comme s'il cherchait à retrouver une voix plus naturelle :

- Oh, et excusez-moi pour ma voix. J'ai été beaucoup malade ces derniers temps et je commence juste à guérir. J'ai encore la gorge un peu irritée comme vous l'entendez. Mais vous avez raison, à notre dernière rencontre, nous avons oublié de nous présenter. Je m'appelle Sylvia. Et mon mari, Hyacinthe.

Il se tourna enfin vers la jeune vagabonde et ajouta avec un sourire lourd de sous-entendus à son égard pour la dissuader de dire quoique ce soit qui pourrait détromper sa petite histoire – en donnant le premier nom qui lui passait par la tête :

- Je vous présente Agathe, ma belle-soeur. Elle s'est mariée récemment avec mon frère mais il n'était pas au triomphe quand nous vous avons croisé... Peut-être pourrez-vous le rencontrer un autre jour puisque nos chemins semblent amener à se croiser régulièrement.

Puis, pour raccrocher la conversation ailleurs que sur lui, il conclut enfin en souriant :

- Mais vous, alors ? Avez-vous trouvé l'heureuse élue de votre coeur ?

_________________

"Une personne optimiste ne refuse pas de voir le côté négatif des choses ; elle refuse de s'attarder dessus."
~ Alexander Lockhart ~


[15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Xttf [15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Img_2010
Sylvère d'Aiguemorte
Sylvère d'Aiguemorte
Brigand et roi de la forêt

Messages : 206
Date d'inscription : 17/03/2020
Localisation : Dans la forêt d'Aiguemorte

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Empty Re: [15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))

Message par Sahar le Mar 2 Juin - 16:37

La rue défilait sous ses yeux vifs, bien trop lentement à son goût. Il lui tardait de retrouver la quiétude de la forêt, il lui tardait de quitter l'effervescence de la ville, il lui tardait d’échapper aux regards des soldats. Se balader aux côtés d’un homme recherché présentait un risque et Sahar ne pouvait s’empêcher d’être à l'affût de la moindre armure qui pourrait traverser son champ de vision. Seulement derrière eux retentit une voix et Sahar échappa aussitôt un soupir presque inaudible. La demoiselle se retourna, les lèvres pincées, le regard aussi affûté qu’un poignard, et ses yeux rencontrèrent ceux d’un jeune homme, juché sur un âne. Sahar se perdit dans le flot de ses paroles, ou plutôt, ne portait aucun intérêt pour ce qui pouvait bien s’échapper de sa bouche trop bavarde. Diable, qui était cet énergumène ? Tandis qu’elle réalisait que toute l’attention du jeune homme était portée sur le voleur, ses traits de son visage se détendaient doucement.

Silencieuse, discrète, elle préférait se faire oublier Sahar. Mais la vagabonde ne put empêcher un rictus d’étirer ses lèvres alors qu’elle observait le voleur se démener dans son rôle de femme. Elle fut surprise de constater que le jeune homme ne voyait que du feu à son subterfuge. Les deux jeunes gens échangeaient sous le regard, totalement désintéressé, de la demoiselle. A vrai dire, elle pensait même s’éloigner un peu, craignant de ne pas retenir son sérieux très longtemps face à cette situation. Situation qui, oh comme Sahar ne l’aurait avoué pour rien au monde, l’amusait. C’était comme retrouver un brin d’innocence, porter le temps de quelque temps le masque d’une étrangère pour ne pas réfuter la véracité des propos du voleur. À l'instant où elle croisa le regard de ce dernier, la jeune femme réalisa qu’elle n’avait pas bien d’autres choix que de jouer dans son jeu.

“ Ravie de vous rencontrer Alexandre.”lança-t-elle finalement, sur un ton presque enjoué, glissant un regard vers la prénommée Sylvia, pour finalement scruter le jeune homme perché sur son âne. Mais si le timbre de sa voix était presque aussi doux que du velours, ses yeux eux, racontaient une tout autre histoire. Sahar, dont l’impatience commençait à se faire sentir, croisa les bras sur sa poitrine. La jeune femme était partagée entre le désir d’écouter leur conversation presque divertissante, et le besoin impérial de traîner le voleur par le bras pour regagner les bois au plus vite. Alors qu’elle s’apprêtait à intervenir, Sylvia posa une question au jeune Alexandre, ce qui ne manqua pas d’importuner un peu plus la demoiselle. “ Nous n’avons pas vraiment le temps de discuter, Sylvia. Peut-être une prochaine fois ?” se hasarda-t-elle discrètement, luttant pour paraître presque délicate et complaisante.

_________________


    I fear no hell from you
    I have licked the fire and danced in the ashes of every bridge I ever burned. I fear no hell from you. « She has been through hell. So believe me when I say, fear her when she looks into a fire and smile.  »
Sahar
Sahar

Messages : 48
Date d'inscription : 30/04/2020

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Empty Re: [15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))

Message par Alexandre le Mer 3 Juin - 13:51

Avant de répondre, déterminons quelle sera le comportement de note petit Alexandre :
Il a plutôt une bonne intuition, une forte conscience de la loi mais il est aussi sensible à l'infirmité. Qu'est-ce que tout ça donne dans sa petite tête ?

1 ou 6 :   Alexandre est intrigué par la voix rauque de Sylvia et a quelques soupçons mas ne dira rien. il fera cependant un dessin plus tard pour le signaler ensuite aux autorités
2 ou 4 :  Alexandre, pris dans la convers, ne perçoit rien
3 ou 5 :  Alexandre perçoit un malaise mais il se rappelle que Sylvia est l'épouse de Hyacinthe, un infirme comme lui, et ne peut donc être une mauvaise personne. Il se tait et enfouit ses soupçons.
Alexandre
Alexandre
Esclave domestique

Messages : 985
Date d'inscription : 14/10/2018
Age : 20
Localisation : Nérée

Feuille de personnage
Lien vers votre fiche personnage:

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Empty Re: [15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))

Message par Fatum le Mer 3 Juin - 13:51

Le membre 'Alexandre' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'Rocambolesque roue' : 3
Fatum
Fatum
Admin
Admin

Messages : 465
Date d'inscription : 10/10/2018
Age : 27
Localisation : Grenoble

Voir le profil de l'utilisateur https://lapourpreetlaroue.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

[15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Empty Re: [15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))

Message par Alexandre le Mer 3 Juin - 14:19

Depuis sa monture, Alexandre fixait ses deux interlocuteurs. ils paraissaient tendus. Sa présence le dérangeait. Ils semblaient chercher à fuir. Ou se retire. Les indisposait-ils ? Il eut un bref sursaut en entendant Sylvia lui répondre. sa voix. sa voix essayait de paraitre féminine mais celle-ci trahissait des intonations masculines. Elle évoquait son mari resté seul le temps des courses et évoquait ses jambes. Alexandre se détendit aussitôt.

"Je comprends parfaitement. je ne connais que trop la fatigue que nos jambes nous causent. Par chance, mon père m'a offert cette mule, ce qui me repose considérablement et me permet d'aller où je veux sans efforts. Votre mari a de la chance, lui, de vous avoir pour accomplir ces démarches."

Les soupçons le reprirent quand son interlocutrice évoqua sa voix et donnait des détails pour en expliquer l'étrangeté. Elle en fournissait trop. Il se rappelait de ces quelques mensonges peu crédibles puis des interventions toujours pertinentes du seigneur de Frenn. Peu importaient la véracité d'une affirmation, ce qui importait était la concision et la sobriété. Plus on s'attardait sur un détail, plus celui-ci devenait intriguant.

Elle se présentait enfin, donnait le nom de son époux, puis présentait celle qui l’accompagnait. Cette Agathe saluait normalement, sans rien ajouter. Alexandre inclina poliment la tête puis reporta l’attention vers Sylvia qui en disait à nouveau trop. La précision du triomphe lui semblait superflue et peu naturelle. Comme si elle cherchait à justifier l'existence de cette personne. Tout cela ne disait rien de bon. Pourtant, Sylvia ne pouvait pas être un individu néfaste. Elle  s'occupait d'un infirme. Qui faisait cela ? Des images de badauds le maltraitant lors d'une promenade lui revinrent. Il y a peut-être manipulation dans cette histoire pour arranger les affaires de Hyacinthe ? Subvenir aux besoins d'un infirme demandait beaucoup d'efforts et de ressources. Il étouffa les soupçons qui affluaient et sourit.


"Je suis bien aise d'entendre tout cela, Sylvia, et j'espère vous revoir un jour ou l'autre avec votre époux et même le reste de votre belle famille !"

En son for intérieur, Alexandre s'étonna de sa formulation et se remémora que celle-ci sonnait comme ce qu'aurait pu réellement dire le seigneur de Frenn. Il sourit. C'était une bonne chose de se comporter comme son mentor sans avoir à faire d'effort.

Sylvia poussa soudain une question gênante. Alexandre rugit fortement


"Euh... non. Il y a pas beaucoup de filles qui aiment les infirmes. Surtout esclaves."

Alors qu'il continuait de rougir, il entendit Agathe rappeler ne pas avoir beaucoup de temps. Il bégaya :


"Euh oui... je ne veux pas vous embêter. J'étais ravi de vous revoir en tous cas."
Alexandre
Alexandre
Esclave domestique

Messages : 985
Date d'inscription : 14/10/2018
Age : 20
Localisation : Nérée

Feuille de personnage
Lien vers votre fiche personnage:

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Empty Re: [15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))

Message par Sylvère d'Aiguemorte le Ven 5 Juin - 12:08

Est-ce que ses mensonges avaient fonctionné ? Sylvère n'en était pas absolument sûr mais Alexandre ne dit rien – à son plus grand bonheur. Enfin, pas à voix haute mais vu la naïveté de son interlocuteur, il n'avait pas vraiment de souci à se faire... si ? Pourquoi diable avait-il fallu que celui-là arrive maintenant !?

Mais il enchaîna la conversation, très naturellement, et Sylvère vit cela comme un bon signe. Il fallait espérer.

- Votre mari a de la chance, lui, de vous avoir pour accomplir ces démarches.

Sylvère haussa les épaules et il répondit, comme si de rien n'était :

- La prochaine fois que vous le verrez, vous pourrez le lui dire. Il est parfois un peu... disons... grincheux et pas toujours très aimable.

Si Hyriel avait été ici, Sylvère lui aurait adressé un immense sourire. Ça, c'était pour les couronnes de la dernière fois. S'il pensait avoir le dernier mot ! Néanmoins, tandis que Sylvère présentait la vagabonde à ses côtés comme étant Agathe Galtym, il ne s'était pas attendu à ce qu'elle accepte de rentrer dans son jeu aussi facilement.

Elle aurait tout pu gâcher en une phrase, mais non. D'un autre côté, elle n'avait plus trop le choix : désormais qu'elle était liée à lui d'une manière ou d'une autre, puisqu'elle lui avait demandé asile pour l'hiver, elle était autant en danger que lui. Il n'allait pas la plaindre après le coup qu'elle lui avait mis.

Le reste de votre belle famille. Qu'est-ce qu'il ne fallait pas entendre pour construire une couverture ! Mais il avait visé juste avec sa question au vu du rouge qui monta aux joues d'Alexandre. Au moins, cela détournait son attention, même momentanément. C'était déjà cela. Sylvère allait lui répondre quand la voix – presque douce – de Sahar l'interrompit. Il n'en restait pas moins que ses yeux n'étaient absolument pas doux, eux. Toujours était-il qu'elle lui offrait l'occasion idéale de fausser compagnie à Alexandre.

- C'est vrai, j'oubliais. Nous devons finir les courses et les ramener à Hyacinthe. J'ai été très heureu...se de vous revoir.

Il se râcla la gorge. Mais quel idiot. Durant un dixième de seconde, il avait failli oublier qu'il s'appelait Sylvia - non plus Sylvère – et que par conséquent, les adjectifs s'en trouvaient transformés. Il avait eu la présence d'esprit de se reprendre juste à temps et il espérait que cela soit passé inaperçu. Avec la gêne actuelle d'Alexandre, il pouvait l'espérer.

Ce dernier ne les retenait pas davantage, au moins. Sylvère lui adressa un dernier sourire et il fit demi-tour, en entraînant la jeune femme derrière lui, à pas vifs.

Il avait hâte de retrouver sa forêt, maintenant – et sa Reine aussi.

_________________

"Une personne optimiste ne refuse pas de voir le côté négatif des choses ; elle refuse de s'attarder dessus."
~ Alexander Lockhart ~


[15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Xttf [15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Img_2010
Sylvère d'Aiguemorte
Sylvère d'Aiguemorte
Brigand et roi de la forêt

Messages : 206
Date d'inscription : 17/03/2020
Localisation : Dans la forêt d'Aiguemorte

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Empty Re: [15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))

Message par Sahar le Mar 16 Juin - 16:16

Elle suivait la conversation, silencieuse, chérissant l’espoir que la fin de leur échange approchait. Sahar s’impatientait, et ne portait aucun intérêt pour le flot de paroles débité par les deux jeunes hommes. Cela aurait pu être amusant, si la demoiselle n’avait pas vu au loin quelques gardes qui rôdaient non loin d’eux. La jeune femme jeta un regard furtif au voleur, avant de finalement déclarer que le temps leur manquait pour mettre fin à leur conversation.

Un soupir de soulagement traversa ses lèvres. Comme il lui tardait de s’éloigner de la ville, de s’éloigner de ce drôle d’énergumène aussi bavard qu'exaspérant. La crainte qui les retienne disparus aussitôt et c’est avec un empressement non dissimulé que la demoiselle tourna le dos au jeune homme, et suivit le voleur d’un pas vif. Un rictus se glissa sur sa mine, tandis que la vagabonde jetait un dernier coup d’oeil à l’âne et son cavalier, qui commençait à disparaître de son champ de vision. Elle attendit qu’ils fussent assez éloignés pour ouvrir la bouche.

“ ou tu es sacrément chanceux...ou tu es sacrément doué pour te déguiser.”fit-elle remarquer, alors qu’ils quittaient, pour son plus grand bonheur, les murs étouffant de la ville.Sahar venait de conclure un étrange marché avec cet inconnu, mais il lui apparaissait pourtant comme un homme de confiance. Elle ne baisserait pas sa garde de sitôt, mais son regard se montrait moins mordant, sa voix sonnait un poil plus doux, moins tranchante.

Ses yeux se baladaient autour d’elle tandis que de nombreuses odeurs, celle de la terre, de l’écorce et de la végétation, effleuraient ses narines. Le tintamarre de la ville disparaissait derrière eux, se faisant presque inaudible, ne devenant plus qu’un lointain bruissement. “ Je présume que ton nom n’est pas réellement Sylvia ?”

_________________


    I fear no hell from you
    I have licked the fire and danced in the ashes of every bridge I ever burned. I fear no hell from you. « She has been through hell. So believe me when I say, fear her when she looks into a fire and smile.  »
Sahar
Sahar

Messages : 48
Date d'inscription : 30/04/2020

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Empty Re: [15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))

Message par Alexandre le Mer 17 Juin - 11:53

Alexandre était encore tout gêné par les allusions de Sylvia sur sa vie amoureuse inexistante. Il profita du rappel de la jeune femme qu'ils devaient pour se retirer aussi. il bredouilla un rapide au revoir, le visage cramoisi puis laissa repartir sa mule. Tout en s'éloigna, le garçon méditait sur cette rencontre étrange et se questionna sur la nature exacte de ces gens.

_________________

Editer mon profil 5tzb

Le plus libre de tous les hommes est celui qui peut être libre dans l’esclavage même.” de Fénélon
Alexandre
Alexandre
Esclave domestique

Messages : 985
Date d'inscription : 14/10/2018
Age : 20
Localisation : Nérée

Feuille de personnage
Lien vers votre fiche personnage:

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Empty Re: [15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))

Message par Sylvère d'Aiguemorte le Ven 19 Juin - 12:24

Alexandre eut la présence d'esprit de ne pas les retenir plus longuement. Après quelques pas, quand ils furent assez loin pour s'assurer qu'ils ne pourraient plus être entendu, la jeune femme se tourna dans sa direction et souffla :

- Ou tu es sacrément chanceux... ou tu es sacrément doué pour te déguiser.

Ils franchirent les portes de la ville sans plus d'accident. A son plus grand soulagement, mais certainement à celui de sa nouvelle alliée. Il haussa des épaules sans rien répondre en jetant un regard dans son dos. Personne en vue. Il s'accroupit par terre quelques secondes, et remonta les pans de la robe pour ne plus en être gêné.

- Certainement les deux, répondit-il machinalement.

Il se redressa et se tourna vers la forêt. Sans vérifier qu'elle le suivait – pas besoin, il en était sûr -, il se dirigea vers les premiers arbres. Il marchait vivement. Maudite journée. Maudite voleuse. Avait-elle seulement conscience que le suivre lui était certainement la dernière idée à avoir ?

Il lui jeta un regard en coin. Elle n'avait pas baissé sa garde, mais elle semblait plus disposée à être sympathique. Sylvère ne dit rien.

Bientôt, ils atteignirent la lisière de la forêt. Les bruits de la ville, des marchands, des sabots de cheval sur les pavés, laissèrent la place aux craquements des branches nues, aux chants des oiseaux et aux bruissements des feuilles mortes. Mille fois plus apaisant.

- Je présume que ton nom n'est pas réellement Sylvia ? demanda alors la jeune femme.

Sylvère lui jeta un regard ironique, tout d'abord sans répondre. Il retira la robe en deux temps trois mouvements et attrapa son manteau au passage, qu'il avait accroché à une branche en attendant qu'il le récupère. Il l'enfila sans rien dire et, finalement, daigna répondre :

- Sylvère. C'est comme ça qu'on m'appelle ici.

Il croqua dans un des petits pains qu'il avait acheté – enfin, celui-ci en l'occurence, volé... - et ajouta :

- Tu peux toujours courir pour savoir mon vrai nom.

Une seconde pause :

- Et toi ?

_________________

"Une personne optimiste ne refuse pas de voir le côté négatif des choses ; elle refuse de s'attarder dessus."
~ Alexander Lockhart ~


[15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Xttf [15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Img_2010
Sylvère d'Aiguemorte
Sylvère d'Aiguemorte
Brigand et roi de la forêt

Messages : 206
Date d'inscription : 17/03/2020
Localisation : Dans la forêt d'Aiguemorte

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

[15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))  Empty Re: [15 novembre 1597] Quand deux esprits vagabonds se rencontrent ((Sylvère))

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum