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[4 Octobre 1597] La vengeresse, la marginal et l'érudit

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Message par Keshalgër Whyshel le Mer 6 Mai - 16:05

Keshalgër vérifie ses pièges : ça fait 2 jours qu'elle a rien attrapé et si ça continue, ses réserves vont être à sec, il va surement falloir qu'elle trouve d'autre endroit où placer ses collets. Elle arrive finalement au dernier piège... vide lui aussi : elle a encore fait choux blanc.
En grommelant, elle se penche et défait le piège, elle va chercher un autre coin pour le placer en espérant avoir plus de chance. La tatouée marche pendant plusieurs minutes à l’affût des traces de petit gibier. Et finalement ses recherche sont couronnées de succès : elle aperçoit dans l'herbe des crottes de lièvre et l'herbe à cet endroit laisse pensé que l'animal passe souvent par ici, la chasseuse en herbe entreprend d'installer un collet... Avec un peu de chance elle aura un lièvre a cuisiner pour ce soir. Une fois le dispositif installer elle part a la recherche de d'autre endroit ou placer ses piégé, prévoyance est mère de sûretés après tout. Au bout de quelque heures elle a fini d'installer ses 5 pièges, elle avait eu du mal à trouver des endroits adéquats pour installer ses collets.

- Bon, je devrais ramasser des pierres.

Keshalgër part en direction de la rivière, l'eau abrite plus de trésors que ce que les gens pensent, à qui sait quoi chercher et en connaît la valeur. Soudait elle remarque des bruits de pas, cette foret est habité elle le sais bien, esclaves en fuite, bandit et sorcier semble s'être donner rendez vous dans ses bois. Mais Keshalgër n'aime pas trop côtoyer ses semblables, surtout depuis que sa tête vaut une coquette somme. Elle continue a avancer sans se presser plus histoire de pas montré a la personne qui la suit qu'elle l'a remarquer. Elle cherche un endroit ou se dissimuler en attendant que la personne passe. Mais elle ne trouve pas la moindre cachette valable et finit par arriver en face de la rivière. Décidant de faire mine de rien elle se penche et fouille dans l'eau, sa main se ferme sur une pierre aux arrêtes tranchantes, puis elle attend faisant mine de continuer a fouiller dans les galets et la vase.
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Message par Le Cent-Visages le Ven 8 Mai - 16:02

[4 Octobre 1597] La vengeresse, la marginal et l'érudit Jzorzo11

Jérémie Torrès, esclave, 19 ans

La grande ombre était revenue hanter la forêt. Il avait consommé les vivres généreusement donnés par Dame Irène et par la si charitable Emeline Lefèvre à la taverne de l'Ours Noir. Aussi, puisque l'esclave évadé jouissait désormais d'une autorisation de la part de Sylvère d'Aiguemorte, il s'en revenait dans ces bois cueillir tous les fruits dont il aurait besoin. Après tout, le marché semblait équitable : contre les brillants calculs et les renseignements que les petites cellules grises de Jérémie savait amasser pour le brigand, ce dernier lui offrait le libre accès à ses "terres". Après tout, certains situations exigeaient de petits arrangements avec la morale. Pactiser avec un bandit... Le fugitif allait s'y faire et continuer ses affaires de son côté.
Sa démarche lente, mécanique, conduisait à travers les arbres sa grande charpente aux os saillants. Une cape défraîchie traînait derrière lui. Une vieille besace à son épaule, Jérémie avançait, la remplissant de pommes et de poires glanées sur le chemin. Sur sa route, l'esclave avait compté cinq pièges, sans doute disposés là par quelque habitant clandestin de ses bois tout aussi en peine de nourriture que lui. Il soupira d'y voir bien peu de gibier à la disposition de cette personne.
Il arriva à une clairière timidement arrosée de lumière, décuplée par le reflet d'une rivière. L'esclave évadé approcha. Ses guenilles auraient bien besoin d'un nettoyage à l'occasion. Ce ne serait toutefois pas pour aujourd'hui : une jeune femme blonde était penchée au-dessus de l'ondée claire. Jérémie eut pour premier réflexe un recul de quelques pas. L'austère jeune homme ne souhaitait pas rentrer dans l'espace qu'occupait cette personne, ni la troubler. Il haussa un sourcil : que faisait-elle d'ailleurs, à fouiller dans l'eau ? Elle n'avait ni linge à laver, ni timbale ou vaisselle à nettoyer. Le visage fermé, scrutateur de ses larges yeux noirs que venaient sabrer les rayons du jour, le grand jeune homme finir par avancer vers la blonde prostrée au-dessus de la rivière. Cherchait-elle quelque chose ?

-- Auriez-vous perdu quelque chose ? demanda sa voix sombre, presque aussi massive que la chevelure charbonneuse et désordonnée qui lui tiendrait une bonne partie du visage en contre-jour.

Après tout, pourquoi ne pas essayer de sympathiser avec ses comparses de forêt ? Autant du moins que le raide Jérémie savait sympathiser et que ses traits droits de statue le lui permettaient.
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Message par Sahar le Lun 11 Mai - 22:05

Sahar courait à perdre haleine, sillonnant à travers la foule, glanant des cris furieux dans son passage. Son palpitant frappait dans sa poitrine, ses jambes tremblaient sous l’effort. Mais elle continuait, la vagabonde. Elle ne se serait arrêté pour rien au monde. La demoiselle arpentait les rues, traversait les ruelles, ne devenant plus qu’une ombre rapide se faufilant parmi les passants. Elle se déplaçait avec agilité et légèreté, comme une feuille d’automne emportée par la brise. Et derrière la voleuse, quelques soldats s’efforçaient désespérément de la suivre, lui intimant de s’arrêter. Mais leurs hurlements se perdaient dans le vent. Leurs mots, inefficaces, renforçaient la détermination de la vagabonde et amplifiaient la véhémence de ses mouvements. Tout son corps lui intimait de s’arrêter, dérobé de toute son énergie. Mais Sahar refusait. L’odeur du pain chaud caressant ses narines lui prodiguait la volonté de cavaler comme un lapin.
Elle s’éloignait de la ville, sans véritablement le réaliser. La vagabonde s’enfonça dans les bois, progressant à vive allure, évitant les troncs et les fougères. Le terrain était glissant, les trous étaient nombreux. Un seul faux pas, et Sahar aurait fait tout ça en vain. La moindre erreur la priverait de sa liberté. Pour empêcher le corbeau de voler à nouveau, on lui couperait les ailes. Alors l’oiseau, il filait à travers les bois.

Les aboiements des soldats lui parvenaient encore, mais bientôt, les voix muèrent en murmures et le silence finit par gagner peu à peu la forêt. La demoiselle ralentit ses pas, le souffle saccadé et les membres tremblants. Son regard fureta parmi les rangées d’arbres, scrutant le moindre recoin de la forêt, à l'affût du moindre mouvement. La végétation se fit plus dense et plus épaisse autour d’elle, obligeant la vagabonde a emprunté le sentier en direction de la rivière. Contrainte de passer par l’eau, Sahar considérait que c’était un mal pour un bien. Ses empreintes de pieds seront certainement illisibles à l’instant où elle bifurquerait vers la rivière et ainsi, la demoiselle pouvait disparaître dans l’eau. Si les bougres lancés à sa poursuite n’avaient pas encore abandonné, ils seraient dans l’incapacité de retrouver ses traces.

La jeune femme s’arrêta au bord de la rivière un instant, savourant le doux clapotis de l’eau et la beauté du ruisseau dont la surface était caressée délicatement par les rayons du soleil. Elle s’accroupit pour passer une main à travers le courant, encore placide à cette saison, qui poursuivait avec nonchalance son chemin. La fraîcheur lui piqua le bout des doigts mais la chaleur du soleil effleurant son visage, rendait la température de l’eau presque supportable. La vagabonde se redressa et s’enfonça dans l’eau, son pain dans une main et dans une autre, un bâton pour vérifier la profondeur. Le flot s’arrêtant aux mollets, elle remontait calmement le cours d’eau tandis que les palpitations dans sa poitrine se calmaient. Sahar observait devant elle, redoutant de voir les soldats surgir de nulle part. Aussi, elle avançait calmement, les muscles de son corps se détendaient et sa respiration avait repris son rythme ordinaire. Sa chevelure d’un noir rappelant le sombre plumage des corbeaux, enroulée dans une tresse à présent ébouriffée, reposait dans son dos. Comme à son habitude, Sahar portait des vêtements typiquement masculins. Le tissu, légèrement ravagé par le temps, semblait supplier la demoiselle d’acheter une nouvelle tunique. Supplice auquel elle ne pouvait céder pour le moment.

Dans son champ de vision apparut deux silhouettes que Sahar contempla de son regard où s’entremêlaient dans les ténèbres de ses iris, méfiance et irritation. Près de la rive, une jeune femme à la chevelure d’un blond éclatant semblait fouiller les profondeurs de l’eau. Une silhouette longiligne au visage fermé, dont la noirceur des cheveux faisait écho à ceux de Sahar, se tenait impassiblement non loin de la jeune femme. La vagabonde les regarda tour à tour, sans prononcer un seul mot, la mine dépourvue de tout sourire et dénuée de toute gentillesse. Au loin, le courant lui paraissait plus fort et pour son plus grand dam, la demoiselle se devait de quitter les eaux pour rejoindre la terre ferme. Silencieuse, Sahar rejoignit les deux jeunes gens, impatiente de s’éloigner de toute situation qui la contraindrait à ouvrir la bouche.
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Message par Keshalgër Whyshel le Mar 12 Mai - 17:04

Deux, ils étaient deux, et vue la voix derrière elle, celui qui la suit est un homme... Quant à la personne qui vient de sortir de l'eau, c'est une femme. Keshalgër remarque aisément que la femme ne semble pas avoir envie de rester et cela l'arrange, elle n'a pas dû voir son visage camouflé par ses cheveux qui forment un rideau autour de sa face penchée au dessus de l'eau. L'homme par contre semble plus social, au grand désespoir de la sorcière et vu qu'il lui a posé une question, elle est obligé de lui répondre, au moins il a pas l'air agressif... c'est déjà ça.

- Non je n'est rien perdu je cherche juste des jolis cailloux, j'aime beaucoup les cailloux ils sont jolis.

Voilà, comme ça elle va passer pour une simple d'esprit et avec de la chance on va la laisser tranquille. Keshalgër lâche la pierre aux bords tranchants : apparemment elle en aura pas besoin (mais elle la garde quand même à portée de main - ne sait t'on jamais). Elle continue à remuer les sédiments dans l'eau et tombe sur une angélite : un bon présage, trouver un pierre qui a comme vertu de protéger et de soigner est plutôt bon signe non ? Faisant confiance à sa découverte elle se redresse et se tourne vers l'homme. Elle le détaille des pieds a la tête : il a l'air jeune malgré le début de barbe qui lui mange le visage et sa face est émincée... mais elle lui donnerais la vingtaine. Elle se met à parler sans utiliser le ton candide de tout a l'heure.

-Hmmm, tu m'a pas l'air d’être un bandit... Tu n'est pas assez "théâtral". Tu ressemble a un miséreux et tu est dans cette forêt... Et vu qu'ici tout le monde fuit quelque chose je dirais... Un esclave en fuite ?

Si c'est le cas il ne risque pas de la dénoncer pour avoir des tatouages et des bouts de métal sur le visage. Keshalgër jette un coup d’œil a la jeune fille, elle a l'air assez "sauvage" elle non plus ne semble pas être un danger pour son identité.
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Message par Le Cent-Visages le Dim 17 Mai - 22:07

[4 Octobre 1597] La vengeresse, la marginal et l'érudit Jzorzo11

Jérémie Torrès, esclave, 19 ans

L'homme-charpente restait là, immobile. Ses yeux caverneux toujours fixés sur les curieux gestes de la femme blonde, avant de se mettre à suivre le tracer de l'ondée - comme il s'oubliait parfois, jadis, à suivre mécaniquement la ligne d'un carrelage dans le château de ses maîtres, à avancer tout droit dessus comme la Tour sur l'échiquier, à compter et multiplier au carré les formes du dallage. Simplement pour tenter de recentrer son esprit. Lui interdire de succomber une énième fois à mille arborescences et à autant d'angoisses générées par trop de pensées.
Car ses inquiétudes, en l'occurrence elles revenaient. Cette femme errante face à lui, la forêt qui l'environnait et ses gestes qu'il ne comprenait pas encore... autant d'éléments incertains - Jérémie détestait l'incertitude et l'ignorance - qui venaient lui rappeler trop fort sa situation précaire. Sa liberté, il l'avait arrachée à la force d'une évasion... Mais le prix à payer était fort : ne vivre que dans le secret, chaque jour chercher la croûte à se mettre sous la dent, éviter les gens d'armes, calculer les heurs de passages des troupes afin de les fuir, ne pas être dénoncé. Ah, comme il était douloureux d'avoir conscience de son propre malheur en servitude ! Un automate obéissait et n'en souffrait pas. Les esclaves souffraient la damnation d'être des humains comme les autres.
Jérémie serra les dents à ces nouvelles pensées et ne se sentit pas commencer à tanguer très légèrement du buste tandis qu'il cherchait à chasser - encore et encore - les pénibles et harassantes réflexions. Compter. Multiplier. Observer les subtils mouvements de l'eau. L'ancre de ses yeux plongea dans la rivière où il décela un remous encore plus anormal que celui provoqué par la blonde en recherche de cailloux.

Un autre corps était là. Le fugitif le jaugea d'abord en physicien évaluant la masse, le pouvoir et les répercussions d'un corps dans l'espace... Il nota la rapidité avec laquelle la rivière avait été parcourue, le souffle court de celle qui avait de toute évidence marché une certaine distance ainsi dans les flots, luttant avec le poids de l'eau jouant sur elle à contresens. Ces informations purement concrètes le rassurèrent. Début de compréhension. Alors put-il adopter un regard plus humain et se concentrer sur l'identité de cette personne. Ses immenses perles noires, à l'abri de sourcils abattus raides et droits au-dessus comme deux menhirs, découvrirent une jeune femme aux habits défraîchis, trempée, le visage aussi fermé que le sien et la chevelure aussi sombre que sa tignasse du Sud. Il ne lui fallut pas une seconde pour comprendre qu'elle fuyait quelque chose - ou quelqu'un, si ce n'étaient plusieurs personnes.

Alors qu'il consultait l'attitude de cette vagabonde et ce qu'il pouvait tenter de lire de ses traits, de son regard, la voix de la femme aux cailloux attira son attention. Il haussa un sourcil, tandis que ses lèvres granit ne bougeaient pas d'un pli, à sa drôle de réponse. Une demeurée. Eh bien si elle aimait les jolis cailloux et partir à leur chasse, grand bien lui fasse. Jérémie ne voyait pas quoi faire pour elle et allait s'éloigner, quand soudain il aperçut que les mains de la femme s'arrêtaient sur une angélite avec un mouvement beaucoup trop sûr et intéressé pour relever du hasard : apparemment, elle savait ce qu'elle cherchait - ou du moins avait été attirée par le minéral pour autre chose qu'un simple et soudain contentement esthétique. Cette femme connaissait quelque chose de cette pierre. Et la connaissance, cela plaisait à Jérémie quand il la détectait dans un regard.
Mais plus encore, ce fut sa nouvelle prise de parole et ses habiles déductions qui interpellèrent le fugitif et lui firent réviser son jugement : non, elle n'était pas bête. Simplement prudente, sans doute, à avoir d'abord simulé la limite intellectuelle pour espérer avoir la paix... avant de finalement observer la tenue du grand spectre et l'interpeller comme un très probable compagnon d'infortune. Une fine cassure apparut en guise de sourire aux lèvres de l'évadé. En effet non, le moins que l'on puisse dire de lui était qu'il n'avait rien de théâtral ! Quant à son statut : son teint basané et ses haillons l'avaient très vite désigné comme esclave fuyard.

-- Mettons. Quant à vous, théâtrale, vous venez de l'être également. Votre visage l'est aussi grandement, nota-t-il en plissant les paupières pour aviser plus en détail les nombreux motifs courant le long des chairs de cette jeune femme. Je crois, toutefois, que votre rôle de naïve esthète ambitionnait de cacher bien mal un grand savoir quant à ces minéraux. Savoir et utilisation que d'aucuns diraient aussi hérétique que les signes et éclats de métaux à votre face. Me trompe-je ? (Un temps) Pour nous être déchiffrés et démasqués que diriez-vous d'un donnant-donnant de confiance ?

Ses prunelles virèrent alors de côté et avisèrent de nouveau la vagabonde sortie des eaux, qu'il n'avait pas oubliée. Quelles pensées et quels ennemis fuis pouvaient se cacher derrière ce visage fin, fort d'une certaine élégance, toujours aussi dur ? Les traits droits de Jérémie se firent un peu plus avenants, et :

-- Quoi que, il semble que nous soyons trois à nous démasquer sur votre théâtre.

Il gardait néanmoins une certaine méfiance à fleur de cœur et dans un coin dur de son regard. L'errante avait débarqué en plein milieu de leur curieuse rencontre et savait désormais à quels genres de hors-la-loi elle avait affaire. Jérémie carra les épaules pour se donner contenante. Pouvaient-ils lui faire confiance ? Ne livrait-on pas quelque pair d'infortune parfois pour une récompense même maigre, ou bien ces bandits prétendument théâtraux observaient-ils une certaine entraide ?
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Message par Sahar le Mer 20 Mai - 12:10

La vagabonde écoutait quelques bribes de la conversation, sans grand intérêt. Elle arborait cet air légèrement hautain, légèrement glacial, semblant donner l’impression que son visage est taillé dans le marbre. Son pied se déposa sur l’herbe verdoyante et deux regards convergèrent vers la jeune femme. La demoiselle observa avec méfiance les deux étrangers dont les allures présentaient une myriade de différences. Une jeune femme, aux cheveux caressés par les rayons du soleil et au visage où se peignaient quelques esquisses de symbole dont la signification échappait à la demoiselle. Sahar crut discerner quelques bijoux, quelques fioritures que la vagabonde n’avait aperçues nulle part ailleurs. Bien que son accoutrement attirât sa curiosité, Sahar se contenta de la scruter, avec ce regard aussi tranchant que pouvait l’être le ton de sa voix.

Puis rapidement, ses yeux glissèrent vers l’homme aux habits écorché, camouflant un corps svelte et mince. Il la jaugeait, silencieux comme une ombre, à la recherche d’une information quelconque. Le poids de son regard s’alourdissait et naquit dans les pupilles sombres de la vagabonde, un éclat de haine. Être dévisagée ainsi attisait sa colère. Aussi, les muscles de sa mâchoire se durcirent, amplifiant cette aura d’animosité qui étreignait sa silhouette pourtant délicate. L’étranger lui rappelait l’image d’un faucon en fuite, un faucon qui venait enfin de briser les chaînes dont il était affublé. L’échange entre la jeune femme aux cheveux dorés et le jeune homme aux cheveux ténébreux lui prouva qu’il était un fugitif. Et chose qui ne surprit pas la demoiselle, Sahar comprit que la jeune femme au visage peinturé était sans aucun doute une paria.

L’éloquence du fuyard l’intrigua et bien qu’il évoquait des banalités, Sahar prit conscience du néant dans son esprit. La vagabonde appartenait à cette catégorie de créature furibonde qui usait de la force, avant d’utiliser son esprit. Dans la rue, on forgeait le corps à la manière que l’on forge une arme. Un gouffre abondant de richesses et de connaissance n’était qu’une futilité, en comparaison à une lame aiguisée façonnée pour la survie. Pourtant, elle aimerait savoir lire Sahar. Elle aimerait déceler tous les mystères que renferment les livres et s’enrichir d’un savoir qui lui serait certainement inutile. Mais la vagabonde était encore bien trop impulsive et trop inconsciente, pour assouvir ce désir qui se glissait furtivement entre les fissures de son coeur.
La vagabonde s’approcha des fougères qui bordaient la petite clairière, se délectant de la méfiance miroitant dans les yeux des étrangers. L’idée qu’elle suscite une certaine crainte la rasséréner. Tandis que l’esclave évoquait la possibilité d’une confiance partagée et d'artifices évaporés, mots qui lui provoquèrent un rictus, Sahar examina l’étendue de la forêt d’un oeil vif. Ses connaissances du monde étaient pauvres, mais on ne pouvait pas en dire autant des capacités de ses cinq sens. Regagner la ville serait stupide et la demoiselle ne pouvait se permettre un tel risque. “ Vous ne devriez pas rester là, des soldats rôdent dans le coin.”lança-t-elle d’une voix plus mordante que le vent hivernal, en rejoignant le bord de l’eau. Et à qui la faute ? La jeune femme glissa sa main dans sa poche pour s’assurer de la présence du pendentif qu’elle avait volé, une heure plus tôt.

Si la situation venait à s’envenimer, jeter ses deux parias aux mains des soldats était une possibilité que Sahar avait aussitôt envisagée. Ils lui offriraient sur un plateau d’argent une belle diversion que la vagabonde ne pouvait refuser. Seulement, la demoiselle surestimait sa cruauté, comme à son habitude. Son esprit pouvait se montrer miséricordieux. Ou impitoyable. Seulement, voler quelques mets ou quelques joyaux était une chose. Voler l’indépendance de deux êtres, les priver de leur liberté, était une tout autre chose.
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Message par Keshalgër Whyshel le Jeu 28 Mai - 11:47

L'homme a la peau foncée se montre amical, ou du moins il essaie, cela ne semble pas être vraiment naturel pour lui. Mais Keshalgër ne sent nul malveillance en lui. L'étrangeté de ce personnage, et surtout de son phrasé, auraient surpris Keshalgër, si elle n'avait pas déjà croisé le "roi d'Aiguemorte" et toutes ses fantaisies. La surprise de rencontrer un esclave en fuite avec une telle aisance à user des mots fut donc bien moindre. L'esclave en fuite rebondit sur le terme "théâtral" que la sorcière a employé. Elle a un peu de mal à comprendre l'intégralité du contenu de ses phrases mais en saisiy tout de même le sens large.

- Ma foi. Je ne pense pas tu serais capable de me dénoncer sans être toi même en danger, alors oui je pense pouvoir te faire confiance. Et oui mes connaissances ne sont pas très appréciées par certains, manant aux idées aussi dures et noires que peut l’être une pierre d'obsidienne.

Soudain elle eut un frisson, le danger n'est pas loin, elle le sent. Et son impression est soutenue par les paroles de la sauvage au visage aussi dur et figé qu'une pierre.

- Ils arrêtent pas en ce moment... Sylvére ferait mieux de se calmer un peu sur les larcins.

Peu désireuse de se faire attraper, surtout avec ce qu'elle sait des châtiments réservés a ceux de son "espèces", la sorcière aux yeux jaunes mit l'angélite dans une des nombreuse poches cousues sur sa robe. Elle s'apprêtait à tourner les talons pour se mettre à l'abri quand sa conscience lui mit un violent coup de pied. Elle ne pouvais pas se résoudre a abandonner ces deux-là aux mains des soldats, elle ne pourrais pas accepter d'avoir leurs morts ou pire sur la conscience.

C'est avec un soupir résigné qu'elle s'adressa à eux :

- J'imagine que vous avez nul part ou vous cacher, si ? Sinon venez, je connais un bon endroit.

Keshalgër se maudit intérieurement (enfin pas trop, histoire d’éviter que ses malédictions fonctionne vraiment). Elle allait amener deux inconnus chez elle, dans son antre, son seul véritable havre de paix. Pourquoi donc se sentait-elle obligée d'en faire autant pour des inconnus ? Mystère, même pour elle.
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Message par Le Cent-Visages le Dim 31 Mai - 15:27

[4 Octobre 1597] La vengeresse, la marginal et l'érudit Jzorzo11

Jérémie Torrès, esclave, 19 ans

L'esclave observait la vagabonde. Visage marmoréen. Placidité comme empruntée à la statuaire et que le passage du burin des siècles n'aurait en rien défait. Loin d'intimider Jérémie, il s'y reconnaissait. Cela le rassura presque, tant il fréquentait souvent lui aussi ce mécanisme de défense, cette façon de tenir ses secrets et de tenir sur son socle - aussi fissurée que soit la figure de marbre sur celui-ci. D'un œil-couperet, la jeune femme semblait équarrir ce qui lui tombait sous la pupille. Découper pour comprendre. Disséquer. Là encore, le fuyard y trouva un genre de miroir. Il suivit l'attention de l'errante jusqu'au visage de la sorcière. C'était donc cela. Elle essayait de déchiffrer sa face comme on en ferait d'un curieux parchemin. Jérémie lui-même apprécierait de percer les symboles qui couraient le long de cette peau. Les mots étaient des êtres vivants qui avaient une histoire. Les signes aussi. Quelle serait donc la généalogie de ceux-là ?

Jérémie ne fut pas long à comprendre que son intérêt scrutateur contrariait la vagabonde. La froideur analytique qui lui était naturelle pouvait souvent déranger autrui et l'esclave avait la fâcheuse tendance de ne pas toujours s'en rendre compte assez vite. Dès qu'un objet s'offrait à sa consciente, il lui fallait un temps plus ou moins long pour que l'objet devint sujet et, une fois qu'il s'en apercevait, s'en voulait immédiatement une énième fois de sa gaucherie.
Sans un mot, Jérémie finit simplement par décrocher son regard d'une cible trop fixe, pour le diriger ailleurs - partout ou nulle part, mais ailleurs, afin qu'il vagabonder en cadence avec ses pieds qui commencèrent à faire les cent pas. De quoi se donner contenance alors qu'il pensait. Ce qui lui occupait alors l'esprit tandis que son corps se faisait ainsi mécanique mouvante, c'était encore le manque des clés utiles à comprendre la langue que parlait la peau de la femme blonde. Pénible manque intellectuel. Contrariante incompréhension. Jérémie voulut la combler. Fouillant dans sa mémoire, il se rappela quelques symboles croisés ici et là dans des manuscrits - au fond de la bibliothèque de ses maîtres : des croix des premiers siècles, des arabesques inspirées des empires d'Orient, quelques lettres helléniques... mais rien d'équivalent à ce qui apparaissait sur ce visage. Il finit donc par demander en interrompant enfin sa marche devant la sorcière :

-- Quel est donc ce langage écrit sur votre peau ? Puis-je vous demander ce qu'il veut signifier ?

Sans doute quelque chose de très important, pour qu'elle y sacrifie sa sécurité : de tels symboles tracés sur sa face la désignaient automatiquement à qui souhaiterait la rechercher, l'arrêter. Et pourtant elle ne les cachait pas à l'aide de quelque baume. Quelle fierté tirait-elle de ce qui relevait presque du stigmate ?
Il nota le rictus de la vagabonde alors qu'il évoquait leur théâtre dépenaillé. Jérémie ne s'en troubla pas - il en fallait beaucoup pour cela, trop protégé qu'il était par les murets de son propre monde. Il se dit seulement qu'elle avait sans doute une vision autre. La brune à l'expression polaire quittait enfin les eaux dont elle venait de suivre le cours - par lesquelles elle s'était sauvée. Moïse aux flots, par ce chemin évaporé, coulé entre les doigts de soldats de Pharaon. L'association d'idée étira les traits de l'esclave dans un sourire flou.

Il fallut l’avertissement de la vagabonde, et le mot-alarme de "soldat" brutalement tombé dans son oreille, pour lui faire regagner la réalité et l'urgence de la situation. Un bref hochement de tête fut son abrupte façon de remercier la fuyarde pour cette information. La remercier... alors même que Jérémie devinait au même instant, via son geste de main remuant dans une poche, qu'elle était sans doute à l'origine de ce patrouillage de gens d'armes : une voleuse. Elle ne serait cependant pas la seule à devoir être remerciée, puisque déjà - si rapidement que c'en était étonnant - la femme aux tatouages proposait de les cacher. N'était-ce pas précipité ? Au point d'en devenir suspect ?
La curiosité cependant le poussa à accepter de la suivre - au moins dans un premier temps. Il évaluerait au fur et à mesure l'évolution de la situation, et la légitimité à rester ou non avec ces deux compagnons, d'après ce que les prochains moments diraient d'eux. Jérémie lâcha malgré tout, quelque peu méfiant mais surtout intrigué :

-- Accordez-vous le droit d'asile à tous les malheureux hères que vous croisez en ces bois ? (Il ajouta dans un rictus, au souvenir des pratiques hérétiques dont elle lui avait fait part juste avant) Ce serait là manière de concurrencer l'inaliénable droit des églises. Cela aussi pourrait être dit hérétique.

Curieux paradoxe d'ailleurs que ce droit d'asile dans les bâtiments saints, se dit alors l'esclave. D'une part la justice se voulait émanant de Dieu ; d'autre part le droit d'asile s'offrait aux fuyards, aux condamnés, aux miséreux de toutes trempes dans les maisons du Seigneur.

-- Qui est Sylvère ? demanda-t-il encore, capturant au vol les informations lâchées par leur singulière hôtesse.

Un homme qui portait bien son nom, en tous les cas, s'il vivait aussi en ces bois.

-- Et non, je ne dénonce pas, assura-t-il pour l'une comme pour l'autre, avant de se retourner vers la sorcière : J'aurai tout le temps de m'instruire auprès de vous des vertus des pierres.

Troublant sujet. Pas assez rationnel encore pour lui - mais après tout la foi non plus ne l'était pas... et Jérémie croyait en un quelque chose organisateur de la gigantesque équation de l'univers.
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[4 Octobre 1597] La vengeresse, la marginal et l'érudit Empty Re: [4 Octobre 1597] La vengeresse, la marginal et l'érudit

Message par Sahar le Jeu 4 Juin - 10:57

La question de l’esclave attira l’attention de la vagabonde, dont le regard glissa furtivement vers la jeune femme aux multiples esquisses sur le visage. En l’observant, Sahar se demandait quelles étaient les raisons pour un tel étalage de croyance et de symbole. Par quoi était-elle animée, pour ne pas craindre les conséquences d’une preuve irréfutable de son statut ? L’interrogation flottait tranquillement dans son esprit, sans toutefois trouver racine. Sahar s’apprêtait à s’éloigner de ces deux jeunes gens aussi étranges qu'irritants. L’homme de bois la fixait de ses yeux sombres, comme s’il sondait son esprit dans l’espoir de découvrir tous les secrets de son âme. Sahar était persuadée que son regard était impénétrable, que tout ce qu’elle camouflait était connu d’elle seule. Seulement, la colère et luisant dans ses pupilles était aussi visible que les symboles ancrés dans la peau de la jeune femme. Le regard de la demoiselle était aussi mordant que la brise hivernale lorsqu’elle se dirigea vers les fougères.

Après avoir aperçu les ombres de quelques soldats se fondant entre les silhouettes des arbres, Sahar se retourna vers la rivière, s’apprêtant à remonter le courant pour retrouver le coeur de la ville. Seulement, la sorcière leur fit une proposition qui laissait la vagabonde songeuse. Aussi, elle fit demi-tour, la mine impassible alors que dans son esprit éclatait une bataille où luttaient milles pensés. Un sentiment d’abandon étreignait son coeur, étouffant son palpitant, l’enfermant entre ses griffes acérées. Ce sentiment qu’elle connaissait si bien. Ce sentiment qui l’avait accompagné, tandis qu’enfant, elle tournait, tournait, et encore tournait dans la ville. Sahar avait tourné jusqu’à croire que c’était le monde qui tournoyait autour d’elle. Elle avait tourné jusqu’à en perdre tous ses sens. Peut-être qu’au fond, la vagabonde n’avait jamais véritablement grandi. L'esprit gorgé de terreur de la petite fille demeurait inchangé depuis toutes ces années, il attendait simplement le moment propice pour faire tomber le voile et se montrait au grand jour. Dans un coup de théâtre, le masque de la vagabonde se fissurerait, la rage deviendrait la peur, la vengeance se transformerait en souffrance et son visage taillé dans la glace serait alors submergé par la tristesse.

C’était peut-être pour cette raison, que Sahar accepta l’offre de la sorcière. Pour fuir un sentiment, pour échapper à cette sensation de solitude qui la suivait telle une ombre menaçante. Par crainte de se retrouver comme cette petite fille, cette enfant qui ne désirait qu’un peu de chaleur pour contrait le froid tranchant de son isolement. Sahar embrassait le soulagement qui s'emparait lentement d'elle.  “ Merci.”fut le premier mot qui traversa ses lèvres, tandis que la demoiselle s’approchait de la sorcière pour la suivre. Un remerciement froid, mais teinté de sincérité. “ Je ne dénonce pas non plus. Sahar regardait tour à tour la jeune femme et l’esclave en fuite." Si vous me donnez aucune raison de le faire.”ajouta-t-elle. Sa voix était détachée, presque sereine, comme si la vagabonde ne sous-entendait rien de bien important. Le danger qui rôdait autour d’elle ne la quittait jamais d’un pas.
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